Acte I, scène m
Et comme la pauvre femme invoque ses serments, il déclare effrontément qu'il lui >'n eûl t';iil bien davantage s'il l'eût fallu, avec l'intention de ne ]»as les tenir. Le personnage se dégage ici des sentiments de courtoisie auxquels obéit tout amant infidèle el qui lui font adoucir, fût-ce par un mensonge, la cruauté de sa trahison. 11 la rend plus blessante par sa grossièreté. Aux plaintes touchantes de Léonor, il répond par un outrage : qu'elle se console en faisan! comme lui, et en changeant d'amant :
Sans lani vous affliger, ayez recours au change; C'est ainsi qu'aisément l'un de l'autre on se venge1.
11 met dans tous ses actes celte affectation d'immoralité. Comme Dorimon et Yilliers, Rosimond a cédé à la tentation malencontreuse de le noircir jusqu'à l'invraisemblance, erreur dans laquelle bien d'autres tomberont par le désir maladroit de créer un Don Juan toujours plus corrompu que ses prédécesseurs. Par une sorte de surenchère, on s'ingénie à lui prêter, dons la débauche et dans le mal. (\r< conceptions de plus en plus extravagantes, qui font plus d'honneur à la subtilité de ses créateurs qu'à leur souci de la vérité. Ici Don Juan devient incendiaire: puis, son imagination en mal d'inventions nouvelles, de jouissances inconnues, lui fait entrevoir un raffinement délicat dans le métier de voleur : arrêter les gens, jouir de leur effroi, voilà un jeu riche en émotion- :
nui. dès demain, je veux voler pour mon plaisir. Je m'en fais, dans mon âme, un charme inavouable, Kl dans la vie, il l'an i être de toul capable -.
Comme ses devanciers, le nouveau Don Juan est brave. 11 l'est, nous l'avons vu. jusqu'à la démence : rien ne l'effraie; l'approche du danger, la certitude d'un châtiment épouvantable e\cilenf son courageet sa fureur. Plus le ciel signale son cour-