RÉACTION
CONTRE LTDÉ'aLISATION ROMANTIOUE ; PESSIMISTES ET PROTESTATAIRES .
Grabbe, « Don Juan et Faust »..= Kahlert, « Donna Elvire ». = Balzac, « V Elixir de longue vie ». = George Sand, « Lélia ». =r Eugène Robin, « Livia ». =: Adolphe Dumas, « la Mort de Faust et de Don Juan ». = Théophile Gautier, « la Comédie de la Mort ». = Wiese, « Don Juan ». = Braun von Braunthal, « Don Juan ». = J.enau, « Don Juan ». = G, Levavasseur, « Don Juan barbon ». Mallejîlle, « ies Mémoires de Don Juan ». = Ju/es Viard, « la Vieillesse de Don Juan ». = Eliacim Jourdain, « Don /nnn ». = Dutouquet, « Une aventure de Don Juan ». = Hauch, « Don Jnnn ».
NOUS avons assisté jusqu’ici à l’idéalisation du caractère de Don Juan et à la glorification du donjuanisme : cette transformation si profonde apportée par le Romantisme au sens de la légende ne pouvait manquer d’avoir sa contre-partie. De bonne heure, naîtra un courant opposé qui se répandra et se prolongera en Allemagne surtout. Une double lignée d’écrivains, les uns par vertu, les autres par scepticisme, rejetteront comme immorale ou comme monsongère la théorie romantique qui met la vérité et le salut dans l’amour libre. La chaste Allemagne, plus
encore que la France, a montré quelle erreur funeste recouvre la réhabilitation de Don Juan. Des écrivains comme Wiese, Braünthal, Hauch signalent les périls du donjuanisme, cause de ruine pour la famille, de corruption pour la société, source de déceptions et de maux pour les Don Juans eux-mèmes. Et précisément, cette idée originale et féconde que Don Juan, au milieu de ses ivresses et de ses voluptés, est un malheureux pour qui la vie n’a qu’amertume et désenchantement, cette idée, développée par les Romantiques eux-memes, amènera les écrivains qui ont philosophé sur le donjuanisme à douter de sa valeur morale et sociale. Avant que George Sand ait fait entendre l’éloquente protestation où elle stigmatise l’égoïsme et la misère des Don Juans, Grabbe et Kalilert avaient étalé le cynisme grossier du donjuanisme et démontré son impuissance à procurer le bonheur. Tous deux ils •avaient affirmé que sa conséquence logique est le dégoût, le pessimisme et la mort.
• Christian Grabbe, le premier, a abouti à cette conclusion dans un drame fantastisque^ où, à l’imitation de Vogt, il a réuni Faust et Don Juan. Mélange de magie, de philosophie, de symbolisme, de bouffonnerie, ce drame, à la fois puéril et lyrique, développe une ou deux idées originales et même profondes. Don Juan et Faust, aidé par Méphisto, poursuivent tous deux de
leur amours donna Anna, fille du gouverneur Don Guz-
man, et fiancée à l’insignifiant Octavio. Don Juan, qui est aimé de la jeune fille, provoque et tue Octavio, le soir même de ses noces, et fait subir le même sort à Don Guzman qui a mis l’épée à la main pour venger la mort de son gendre.
Mais le meurtrier ne jouira pas du fruit de son