Gliap.xi, intitulé : Don Juan
tention de l’homme à tirer sa gloire des souffrances de celles qu’il a souillées et perdues. Après s’être ainsi satisfait, son courroux se calma; son cœur ulcéré se guérit, et l’année n’était pas écoulée que redevenant elle-même, elle écrivait : « Je crois que j’ai blasphémé la nature et Dieu dans Lélia. » Il est bon d’ajouter qu’elle venait pour la première fois de rencontrer Musset.
Trois ans plus tard, en 1836 elle reprenait son roman, le remaniait et l’augmentait,- et, en 1839, elle en publiait une nouvelle version assez différente de la première Le chapitre sur Don Juan a subi d'importantes modifications, dues en partie à la substitution dans la littérature romantique, après 1834, de la légende de Don Juan de Maraha à celle de Don Juan Tenorio. La tirade contre le donjuanisme est mise dans la bouche de Lélia, après que Stenio a fait l’apologie de Don Juan et résumé ses aventures, d’après le drame de Dumas. Voici d’ailleurs cette seconde version que les éditions postérieures ont conservée et qui est restée la version définitive^. Après sa conversation avec Magnus, Stenio apprend que Lélia s’est retirée dans un couvent des Carnaldules. Devenue abbesse, elle enseigne la parole de Dieu et donne les leçons de son expérience aux parentes et aux amies de ses élèves. Elle a organisé dans son monastère des conférences et des controverses sur les questions religieuses et morales, et elle essaie d’inspirer à ses auditrices les ardeurs vers l’Infini dont elle est ellemême tourmentée.
1. « Je fais un nouveau volume à Létia. » Corr., I, 372, 23 mai 1836, à Mme d’Agoult.
2. Lélia comprend les tomes V à Vil de la T® édition des , Œuvres complétés, Ifonnaire, 1830-1840.