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CHAPITRE I

DON JUAN ET LE ROMANTISME

L'idéalisation romantique : Pouchkine, « le Convive de pierre ». = Musset, « Nfunoiina »; — « Une matinée de Don Juan ». = Blaze de Bury, « le Souper chez le Commandeur ». = La Légende de Don Juan de MaraTia : Mérimée, « les Ames du purgatoire ». = Al. Dumas, « Don Juan de Marana ». — Zorrilla, « Don Juan Tenorio ». = Th. Creizehach, « Don Juan ». = Echeverria, « l’Ange déchu ». = Gobineau, « les Adieux de Don Juan ». = Almqwist, « Ramido Marlnesco ». — Baudelaire, « Don Juan aux enfers ». =; Widmann, « Don Juan de Marana ». = Flaubert, « Une nuit de Don Juan = ^1. Tolstoï, « Don Juan ». = Désiré Laverdant, « les Renaissances de Don Juan »; — « Don Juan converti ».

Le donjuanisme tel que l’ont compris le xvii<^ et le XVIII® siècles jusqu’à Hoffmann, apparaît comme un système irréligieux et immoral, comme une philo* Sophie de la vie égoïste et antisociale. En Espagne, en Italie, en France, en Angleterre, tous les auteurs sont d’accord à ce sujet. Cette unité dans la conception du héros et dans l’interprétation de sa légende disparaît au XIX® siècle : la vie de Don Juan est transformée, son caractère se modifie d’ûge en âge, de pays en pays,

T. II

d’écrivain en écrivain; le symbole contenu dans sa fable ne cesse de changer de sens. Tantôt idéaliste et tantôt sensnaliste; ici croyant, là sceptique; passionné chez run, froid et sec chez l’antre, Don Juan a subi en Allemagne l’influence du mysticisme philosophique de la première partie du siècle; en Espagne, c’est la persistance des croyances catholiques qui continue à agir sur lui; en France, il obéit surtout aux différents ( mouvements littéraires qu’il traverse, passant du romantisme le plus lyrique au naturalisme le plus grossier. Le xx® siècle le voit devenir Nietzschéen.

Dans les transformations qu’il a ainsi subies, deux tendances contraires agissent tour à tour sur lui ; tantôt, on le trânstigure, on l’exalte, on en fait une victime que Dieu reçoit dans son paradis, auréolée de gloire; tantôt, et par une réaction naturelle, on le réprésente comme un agent de misère et de perdition.

C’est entre ces deux courants que nous allons le voir évoluer jusqu’à l’époque contemporaine, sans que le temps ait usé sa force d’expansion et son éternelle puissance de rajeunissement.

Dans la seconde série de ses Mémoires 1, M. de Pontmartin constate que les deux grands types qui ont dominé la génération de 1830 sont Faust et Don Juan. Oubliée en France depuis Molière, la légende du Burlador reparaît en effet dans notre littérature aux environs de 1830 et produit soudain une riche floraison de drames, de nouvelles et de poésies diverses. Mais la trame première du sujet devient de plus en plus un élément accessoire que l’on modifie et parfois même que l’on supprime. Tel nouvelliste substituera à la

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