‹ La légende de Don JuanChapitre 20 sur 58 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Continuation des courants précédents, : 1° Condamnation du Donjuanisme : Friedmann, « la Dernière aventure de Don Juan ». = Julius Hart, « Don Juan Tenorio ». =: Paul Heyse, « la Fin de Don Juan ». = Ferdinand von Hornstein, « le Châtiment infernal de Don Juan ». = Roujon, « Miremonde ».= H. Lavedan, « le Marquis de Priola ». = Camille Debans, « la Vieillesse de Don Juan ». = Mounet-Sully, « la Vieillesse de Don Juan ». = Th. Rittner, « Chemin-faisant », Drame donjuanesque.

A littérature donjuanesque, si féconde pendant la

JU période romantique, continue à produire, à la fin du XIX® siècle et au début du xx«, une abondante moisson de pièces de théâtre, de romans, de nouvelles, de poèmes; œuvres dont le nombre dépasse sensiblement la valeur, et dont l’exécution est, en général, bien inférieure aux prétentions qu’elles affichent. Peu d’entre elles renouvellent le sujet, le caractère du héros, la morale de la fable. Le courant de protestation contre la réhabilitation du donjuanisme persiste, et semble même se développer; mais l’inlluence romantique n’est pas morte encore et s’affirme, parfois mêlée de réalisme. Don Juan ne pouvait, en effet, échapper à Faction de l’École naturaliste qui a marqué fortement de son empreinte quelques interprétations récentes du person-

V ÉPOQUE CONrEMPORA INE.

nage. Cependant, cette influence s’est moins étendue que la nature du sujet ne pouvait le faire croire. Certes, les types de Don Juan sont innombrables dans la littérature naturaliste, depuis le Don Juan d’estaminet jusqu’au Don Juan de boudoir. Mais ce sont pour la plupart, de l’homme du monde au rôdeur de barrière, des coureurs de femmes, dont les aventures n’ont aucun rapport avec celles du Trompeur de Séville.

L’inspiration est très différente dans quelques œuvres qui ont subi l’influence des idées sociales contemporaines, des théories sur la place et le rôle de l’individu dans la collectivité, des systèmes qui organisent la société future. Ces œuvres sont animées de sentiments élevés et généreux; elles ont une grande portée morale et philosophique. Leurs auteurs discutent en psychologues et en sociologues les plus graves problèmes que le xix® siècle ait posés à la conscience de l’humanité. Elles modifient donc entièrement et élargissent la conception du donjuanisme. Don Juan y devient le représentant de l’Homme moderne, avec ses défauts encore, mais surtout avec ses aspirations, son énergie, sa volonté, son désir de promouvoir ses semblables et lui-même vers un idéal supérieur. Plus ou moins directement, elles sont de lignée Nietzschéenne et font de Don Juan un surhomme.

L’Allemagne et la France ont d’abord continué à peindre des Don Juans sur le retour, malheureux, châtiés pour avoir méconnu leur devoir social et profané l’amour. Cette intention moralisatrice se retrouve dans le drame en 2 actes de M. Friedmann, la Dernière aventure de DonJuanK Le donjuanisme y apparaît comme

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