Fidao-Justiniani. Le mariage de Don Juan, Paris, Perrin
erreurs; mais en réalité, avait-il besoin de rédem- ])tion? C’est un honnête homme, perverti seulement j)ar le milieu : las de nombreuses et faciles aventures, dégofité de la corruption des femmes qu’il a jusqu’alors connues, il rentre un jour en lui-même et découvre 'la pureté de son propre cœur, au contact d’une jeune fille qui lui révèle le sens de l’amour. Désormais, il concentrera sur cette créature d’élite toute la puissance d’aimer qui est en lui, il échappera à la duperie du libertinage et réalisera dans le mariage sa véritable destinée.
C’est à un poète qu’il appartenait de terminer par une apothéose du héros, la longue série des Don Juans corrigés ou rachetés. M. de Régnier, dans le numéro de la Revue de Paris du 15 janvier 1910 h a peint autour de la dépouille mortelle du débauché et de l’impie, la veillée funèbre des moines. Enfin, Dieu a vengé l’innocence; le tombeau va se fermer à jamais sur le pécheur, et les frères jaloux, dans leur chair macérée, du séducteur tant de fois triomphant, cherchent avec joie sur son visage les traces de la mort et la souillure des vers. Mais par un phénomène mystérieux, la face du trépassé reste rose,
La jeunesse fleurit sur sa peau satinée,
son front radieux semble couronné par le printemps.
Le soir, quand on eut descendu le corps dans le caveau, trois femmes s’approchèrent silencieuses, pour dire au mort aimé un suprême adieu. Comme elles s’apprêtaient à ouvrir la serrure, elles aperçurent soulevant la pierre sépulcrale
Un ange aux ailes d’or et pareil à l’amour.