‹ La légende de Don JuanChapitre 38 sur 58 · Monsieur de Camors a paru en · texte numérisé non relu

Monsieur de Camors a paru en

2. Une aventure célèbre de ce Don Juan semble empruntée au Festin de pierre de* Molière : il olfre un louis à un pauvre diable, à condition non pas qu’il jure, mais qu’il ramasse avec les lèvres la pièce d’or sur un tas d’ordures. C’est ici un outrage non plus à Dieu, mais à la dignité humaine. Le pauvre prend

Dans le tome I de ses Grandes dames, intitulé M. Don Jiian^ Arsène Houssaye a représenté aussi, sous le nom du duc de Parisis, dit Don Juan, un viveur des dernières années du Second Empire, brillant cavalier, beau, brave, hôte de tous les salons et de tous les lieux de débauche, expert à séduire indifféremment grandes dames et filles du peuple, mêlé à maints drames mondains et à maints scandales, mènant en un mot une vie dont les plaisirs factices n’arrivent pas à étouffer la tristesse, et finissant par un tragique suicide, dans une chambre d’hôtel, à Ems. Image symbolique de la France joyeuse et folle expiant son insouciance dans le drame de 1870!

La race de ces viveurs du grand monde, -professionnels de la séduction, habitués des petits théâtres, des restaurants de nuit, des salles de jeux et des salles d’escrime n’est pas morte après nos désastres. 11 ne semble guère que la France républicaine, née des ruines de la guerre, ait produit une génération moins frivole. Mais le Don Juan s’est transformé. Dans l’âge qui a précédé le nôtre une vie plus facile, moins inquiète, l’assurance du lendemain et des loisirs nombreux permettaient aux fils de famille d’exercer l’art si compliqué ^e la séduction. Le milieu lui-même s’y prêtait davantage. Dans des salons aristocratiques, des femmes éclatantes de beauté, brillantes d’esprit, n’avaiènt d’autre occupation que de soutenir contre des partenaires dignes d’elles, des tournois où attaques, parades et ripostes, tous les pièges d’une conversation

d’ailleurs, en souffletant le liJjertin, une revanclie que les mœurs du xvii® siècle n’eussent point permise à un homme de sa condition. Dans la Hevue que nous citons plus haut se trouve une scène qui pourrait aussi avoir inspiré O. Feuillet. Cf. IL Dreyfus, op. cité, pp. 299-301.

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