‹ La légende de Don JuanChapitre 5 sur 58 · Les Jeune- France, Celle-ci et celle-là · texte numérisé non relu

Les Jeune- France, Celle-ci et celle-là

3. Cf. dans Celle-ci et celle-là l’aventure et le caractère de llodolphe.

celles de Dalti^ d’Onorio Luigi de Don Paez de Cassius d’Hernani, d’Antony et de tant d’autres héros étranges et déséquilibrés.

C’est cette conception qui, dès 1830, a réglé la destinée du donjuanisme. Don Juan dépouille son antique personnage de libertin frivole, sceptique, joyeux compagnon, pour devenir un amant tragique, tourmenté par d’inexprimables désirs, par des passions brûlantes et mortelles.

L’amour du changement que l’on constate encore en lui ne provient pas du désir physique de renouveler à l’infini les voluptés amoureuses. Cette frivolité, jadis caprice de débauché ou lassitude de blasé, se transforme en un besoin ardent de rencontrer l’objet qui calmera enfin le feu dont il est dévoré, qui rassasiera cette soif d’amour que nulle femme n’a pu encore étancher. Ce n’est plus la variété qu’il lui faut; ce ne sont plus des amours passagères, aussitôt oubliées : c’est un amour éternel, immense, infini ; et quand il l’a trouvé, il arrête à tout jamais ses recherches et ses expériences.

Mais il est rare que Don Juan rencontre sur la terre la femme digne d’étre aimée de lui. A l’inverse du Burlador qui ne demande à l’amante que d’assouvir un caprice et se tient pour heureux d’avoir obtenu le plaisir que dispensent aussi bien la brune et la blonde, la bergère et la princesse, le Don Juan romantique est plus difficile sur la qualité de la volupté cherchée. Il a un idéal si sublime que la vie ne le réalise pas. Cet idéal est né d’une vision intérieure, vision incertaine et fugitive, semblable à un songe, Lui-mème, il

L Musset, Portia.

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