Confessions, \" partie, liv, VI
80 LE complot; ses deux organes.
la viiicjtièmc à la trentième année, quand les impressions ont la vigueur de la jeunesse et la plénitude virile, aflirmèrent en Rousseau rinaltérabic foi au bonheur qui illumine ses œuvres. Ce bonheur, pour Rousseau, n'est point i une chose vague et hors de notre portée, c'est la condition naturelle à riiommo et l'accomijUsscmcnt de sa destinée. ]
Rousseau, dans l'ardeur de cette foi, fut jeté, à vingtneuf ans, au milieu d'un monde qui avait perdu bien des croyances, cl en particulier celle au bonheur. Cette société pour qui la gloire, la richesse, la puissance ou l'admiration étaient les seules fins humaines niait même que le bonlieur fût possible ou simplement désirable. Bien qu'étranger à ce monde, Rousseau n'y fut pas reçu sans égards. Là encore, si nous l'en croyons, il n'eût aucune raison de se plaindre du sort ou des hommes.
Un jcuafi liomiiic ' qui arriva k Paris avec une lii;urc passable, et qvii s'annonce par des talents, est toujours sur d'ùlre accueilli. Je le fus ; cela me procura des agréments sans me mener à grand'cliose.
Cela lui procura, en tout cas, l'occasion de lire, à l'.Vca demie des Sciences, un mémoire sur son No ui^ eau Si/.v/o/ic de .Xolalion mv.sii-iilf (jui lui valut de nombreux compliments et un diplôme de l'Académie. VA (ce qui est parll-l culièrcmcnt important) il entra en relations avec des académiciens, des hommes de lettres ou des savants qui l'introduisirent au|)rès des maîtres de la pensée contcin- ]ioraine. Si bien (|ue (Rousseau li' dit eu personne), lorsqu'il en devint un lui-même, il ne (iril point place en étranger parmi eux.
De ])liis, grAce à I inliTcl ipic lui iKirliTcnl deux duchesses (Mmes de Heseuval ri de liroj;lii), il idilinl uii poste de