‹ La légende de Jean-Jacques Rousseau rectifiéeChapitre 40 sur 64 · ROUSSEAU ET GRIMM · texte numérisé non relu

ROUSSEAU ET GRIMM

i>n\ir'nt moins que la vie rurale, ressent les effets démolii-aleurs de la solitude; il y devient (( atrabilaire, queilli iir, soupçonneux ». Voix et Garnier sont les preiiiiics personnes atteintes par cette humeur et ces bas 'Millions. Et c'est encore à ce moment que se place, ■||iii's Diderot, la première scélératesse de Rousseau iiM'is Grimm. Rousseau l'accusait de lui avoir mécham- III ht fait perdre ses pratiques de copie et notamment ri II' .le M. d'Épinay.

(Ir si le fait, pour un homme lésé, de reprocher jus- I ini'iil des torts à celui qui les a commis est une scélérar- r. Rousseau s'est rendu coupable de cette offense. Il Huma que Grimm cherchait à lui enlever ses pratiques, n assurant partout que ses copies étaient incorrectes : t il est prouvé que Grimm a réellement joué ce rôle. Qui )lus est, la preuve de la pression qu'il essaya d'opérer sur tf . d'Epinay se trouve dans les Mémoires eux-mêmes.

On a voulu soutenir ici que Grimm, toujours spirituel, a imploment risqué une inoffensive plaisanterie; et que le Tialnd if et soupçonneux Jean-Jacques n'avait pas le sens de humour. L'incident vaut d'être ra[)porté. Sur cet épisode, n effet, Saint-Marc Girardin fonde l'assertion que le véritable grief de Rousseau contre Grimm « n'était pas que rirnm discréditait son métier, mais qu'il démasijuait son larlatanisme». Il est superflu d'ajouter que Saint-Marc Girardin ne donne aucune preuve de ce charlatanisme, il 3ûl lonsisté chez Rousseau à prétendre ([u'il copiait de la miisi(|iic afin de dissimuler son empressement à acceiiter 'aumône sous forme de [laiements liclifs, pom- un travail pii ncdevait jamais êlre exécuté. 1^'impression (|ue laisse à Saint-Marc Girardin la lecture des Mémoires suffit comme preuve à noliT critique.

Il convient, d'ailleurs, di; reconnailrr ipie l'aiiecilole telli,' que la lut Saint-Marc tiirarilin et lelle qu'elle se trouve dans les Mémuires de Mme d'Epinay, a été remaiiii'e

par Brunet et Parison, qui lui ont donné « un air de véri historique ».

Voici le passage, identique dans les deux manuscriN celui des Archives, cahier 131 : et celui de Bruiiot, vol Vil.

Mme de Montbrillant écrit :

. Eq causant avec René la semaine ileiniète je lui Jemaiula quelles seraient ses occupations : il me dit qu'il comptait si mettre à dessiner et à peindre à la gouache. " Si l'on me fàclie dit-il, j'irai jusqu'à peindre des dessus de portes en ca mayeux. Donnez-moi votre pratique et recommandez-moi î vos amis pour des papiers d't'-ventails et pour des écrans. Mai; donnez-moi des pratiques qui ne sont pas pressées, car jij prétends ne peindre qu'à mon aise H quand je n'aurai pa; l'esprit à faire autre chose. » Je lui ai commandé six papier:' d'éventail, et. M. de Montbrillant lui a demandé quelques écrans ■

(Après une lettre au tuteur sur l'éducation de sc: enfants, Mme de Montbrillant revient à l'histoire de; K occupations» de René.)

Il s'est élevé hier à la promenade une discussion entre VoI.\ et René qui n'était au fond qu'une plaisanterie. René a eu l'aii de s'y prêter de bonne grâce; mais il en souffrait intérieurement ou je suis bien trompée. Il avait rapporté à M. de .Mont brillant les écrans qu'il avait pour lui. Celui-ci lui demauiUi s'il était homme à entreprendre douze dessus de porto en ca mayeux. Il répondit : « Peut-être que oui, peut-être que non j c'est suivant la disposition, l'humeur et la santé. — En ce ca* ilit .M. de .Montbrillant, je ne vous en donnerai que six à faire parce qu'il me faut la certitude de les avoir. Eh bien, répondil René, vous aurez la satisfaction d'en avoir six qui dépareroiM les six autres, car je délie que ceux que vous ferez faire approP^ chenl de l'exactitude et de la perfection des miens. — Voyezvous, reprit Voix en riant, cette prétention de peintre qui le saisit déjà? Si vous disiez iiu'il ne maniiue pas une viri;ule ;i vos écrits tout le monde en serait d'accord. Mais je parie eiu'il y a bien quelques feuilles ou ijuelques «lueues de travers dans vos écrans. » Tout en pari:inl René rougit, — et rougit

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