‹ La légende de Jean-Jacques Rousseau rectifiéeChapitre 44 sur 64 · Comparez avec la Note de Diderot reproduite p · texte numérisé non relu

Comparez avec la Note de Diderot reproduite p

Première querelle de Jean-Jncques avec- Mme d'Hpinny. Hisl^ire dé la lettre anonyme oï Saint-Lambert.

Nous avons vti que dans celte brouillerie avec Diderot probablement recherchée par l'auteur du « petit chefd'œuvre », ce ne fut pas Jean-Jacques qui fut l'ag-resscur. Mais avec l'amie qui lui avait servi de conseillère sympathique dans celte querelle, allait-il avoir tort? En d'autres termes : Rousseau fut-il coupable d'ingratitude et de fausseté envers Mme dEpinay? C'est ce que nous allons examiner. Nous savons quelles étaient leurs relations au liriulemps de 17u7. Cette situation étant définie, notre Jugement dépendra des raisons (motivées ou non) de Jean-Jacques lorsqu'il croyait que son amie et hôtesse avait accepté d'espionner ses faits et gestes : et qu'elle avait utilisé les ren.seignemenls obtenus par ces bas moyens pour exciter contre lui la jalousie et pour semer la discorde entre le marquis de Saint-Lambert et sa maîtresse, la comtesse d'IIoudetot. Si Jean-Jacques, après sa longue intimité avec Mme d'Epinay, après les bontés fiu'elle lui témoigna à l'Ermitage, après la conliance qu'elle iiil (Imtis ses conseils, a[)rès rem])ressemcnt qu'elle mil M lui iillrir sa sympathie et ses avis aux heures d'ailvei^ile. si Rousseau, sans pvcitrrs (li'risir('x de culpahili/''\ se fi'il permis de soiqiçonner Mme d'i'lpiuay, il eût i-eel|{'ineiil |M'ch(' cdiilre son pi-opre code de noble amiti('.

Mais si l'évidence ne lui laissait plus aucun doute sur la jerlidie de .Mme dEpinay, alors les preuves daiïection, luxquelles il avait cru, devenaient autant d'outrages; et la jlessure était d'autant plus cruelle et d'autant moins parlonnable qu'il l'avait reçue dans une maison amie.

.\vant d'examiner si Rousseau pouvait douter du témoignage, fondement de son accusation, il est nécessaire de bien définir ce que fut cette accusation. Car les .]fi; moires, ici, ont introduit une fable (reprise par Sevelinges dans sa notice malveillante de la Z?t'o(yra/;/^(e UniviTselle) et qui depuis a pris les allures d'un fait authenthique. — C'est sur cette fable que la plupartdes critiques modernes se fondent pour dire que Ji'an-Jcan accusa Mme d'Epinaii d'avoir écrit à Saint-Lambert une lettre anoni/me l'informant des rendez-vous de la forêt de Montmorency ; et que l'auteur véritable de cette lettre, si ce nesl pas Rousseau lui-même, est Thérèse Levasseur.

Or, cette lettre anonyme, non seulement n'est pas mentionnée par l'auteur des Confessions, mais Diderot lui-même n'en parle point. Voici le grief formulé dans ses '/'ablettes :

I accusait Mine d'Épinay d'avoir instruit ou fait instruire M. de Saint-Lambert de sa passion pour Mme d'Houdetol.

— F.,cs notes de l'.Vrsenal nous fournissent la preuve certaine que cette histoire d'une lettre anonyme à Saint- Lambert ne se trouvait pas non jilus dans la première version de l'incident donnée ()arMm(' li'l'lpinay. Ce détail est suggéré [larmi des <( ciiaugonieiils à faire dans la fable' ».

Voir .si, a[ii('-s la ifllre coinm(!n(t'e, il ne faut [las un nuri'('' du tuteur qui cxpliiiue toute l'intrigue de Mené ; — il luisait semblant d'accuser Mme deMontbrillant d'avoir, pour le déta-

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