I. Anthologie aiif dus .lalir
b ETAT ACTUEL DE LA QUESTION.
Des JUGEMENTS POUR ET CONTRE RoUSSEAU FONDÉS SUR (( LES CONFESSIONS ))
Mais le jugement des contemporains qui s'exprime dans cette épitliète : « le vertueux Jean-Jacques » ne serait-il pas cassé par son propre témoignage dans le livre posthume de ses Confessions? C'est sans doute là le jugement porté sur les Confessions par les lecteurs modernes. Mais ce qu'il faut reconnaître c'est qu'il y a discordance entre le jugement porté sur les Confessions à l'époque de leur première publication, et le jugement des critiques modernes qui, examinant le livre d'après un critérium littéraire et moral nouveau, jugent l'auteur à travers un siècle de pamphlets.
L'opinion courante aujourd'hui nous est famiiiirc : même en écartant les afiinnalions de ses ennemis, Tx^usseau, par les conlidcnces de son livre, a signé lui-même la \ condamnation de sa personnalité. Mais les bases de ce jugement reposent sur l'allégation que ce livre est une autobiographie d'égo'isle maladif, éprouvant un plaisir malsain à dévoiler ses vilenies secrètes. Celte allégation prouve (|u'on ignore, ou qu'on méconnaît, la situation anormale et les motifs spéciaux du prophète de vérité, jadis éloquent et adoré et ensuite, vers la (in de sa vie, se voyant détrôné de la place qu'il occupait dans l'estime de ses contemporains et enveloppé d'un nuage de calomnies (lu'il ne pouvait ni pénétrer ni dissiper, liou^ seau préjjara cet ouvrage pour la postérité (|ui allait hériter en même temps, peasait-ilavec raison, du rapiiurt mensonger de ses ennemis." La nature de celle ré|)onse, la seule qu'il pùl faire en sa (jualilé de prophète de la vérité, nous est iihlli{iir'(' dans la première pages des Confi'ssions :
Je me suis iiuuUié le! iiud Je fus : iiié|iiis;dilc el vM ipiaud