‹ La légende de l'homme éternelChapitre 13 sur 43 · AMANT KT MAITRESSE · texte numérisé non relu

AMANT KT MAITRESSE

Après la scène scandaleuse qui venait d'avoir lieu, le vide se fil autour de Maurice et de Giulia.

Celle-ci comprit que sa conduite avait été blâmée et que sa rivale avait intéressé.

Elle examina son amant à la dérobée ; elle ne put lire sur son visage qu'un profond mépris pour elle

Alors elle se sentit accablée par ce dédain et cet abandon. Elle comprit que l'amour de Maurice était mort, tué par une nouvelle passion, et elle voulut du moins ne pas perdre de son estime. Elle provoqua sur l'heure une explication.

— Monsieur, lui dit-elle, il y a un an, abusant de l'hospitalité que je vous avais offerte, de ma douleur après la mort de mon père, vous m'avez dit de me fier à voire honneur, à votre amour, et vous avez juré de me donner un jour votre nom, est-ce vrai ?

— C'est vrai, murmura le vicomte.

— En échange de ce serment, vous n'avez exigé qu'une chose, ma fidélité ; ai-je tenu ma parole, moi ?

-Oui.

— Le marquis Litta m'a offert sa fortune : je n'ai répondu à cette insolente proposition que par mon mépris vous le rappelez-vous?

— Certes, car j'ai ajouté un coup dVpée à votre réponse.

— Le duc François IV a mis à mes pieds son pouvoir; ai-je hésité entre vous et la puissance ducale?

— Non.

— Le prince Porcia m'a proposé sa main, son titre, ses richesses, et j'ai refusé, refusé pour vous seul, pour votre seul amour, car je vous aime, oh ! oui, je vous aime de toutes les folies de mon àmeî... Et maintenant, monsieur, je vous le demande à mains jointes, qu'avez-vous à me reprocher ?

— Rien, répondit Maurice en baissant la tête.

— Vous aimez celte jeune fille... et vous ne m'aimez plus... j'ai eu tort de soutenir la lutte; car vous êtes prêt à me haïr... et je ne veux pas de votre haine, Maurice... je cède... je ne suis plus une rivale... je vous rends à votre femme... Vous n'entendrez plus parler de moi... je vous pardonne....

— Giulia!

— Un mot encore... ces papiers dont je vous ai menacé, les voici... et elle les lui remit... Si jamais la police de l'Autriche se saisissait de ma personne, rappelez- vous que, ni les tortures, ni le carcere duro du Spielberg ne m'arracheront un aveu... adieu... adieu...

La comtesse allait sortir, quand un incident imprévu vint la retenir.

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