‹ La légende de l'homme éternelChapitre 2 sur 43 · COMME ON PERD SA VIE · texte numérisé non relu

COMME ON PERD SA VIE

Maurice habitait l'aile droite du vaste hôtel de son père. Possesseur d'une fortune considérable, d'une ligure charmante, d'un esprit distingué, le jeune v icomte de Boursonne s'était vu, dès son entrée dans le inonde, le point de mire des riches héritières et des loretles.

Les premières le rêvaient pour mari; les secondes le désiraient comme amant.

Maurice avait le choix ou de s'allier à l-'une des premières familles de France, de s'ouvrir les portes de la députation, et plus lard du Luxembourg, ou bien de s'abandonner au torrent qui entraîne tant de jeunes gens, et de perdre sa vie en la livrant à une courtisane. Ce fut cette dernière route que suivit le vicomte.

Pour son malheur, il avait rencontré une jeune fille belle, comme Dieu ne devrait pas permettre aux lorettes d'être belle, et d'autant plus dangereuse pour ses amants qu'elle n'aimait en eux que l'amour. Maurice s était épriâ jusqu'à la folie de

ceUe délicieuse créature aux cheveux d'ébène, aux longs cils voilant chastement la flamme de deux yeux noirs, au visage ovale d'une angélique pureté. Il y avait en cette femme je ne sais quel cachet de distinction et de séduction féline, auquel il était impossible de résister.

Fille d'un ancien officier, Marie de Breteuil avait été élevée . aux Loges, cette charmante succursale de la maison de Saint- Denis, sans aucune fortune; mais avec les aspirations au luxe les plus ardentes.

Au sortir de cette institution royale, il fallut vivre: il fallut. m en termes crus, mais vrais, que la jeune élève gagnât chaque jour son pain du lendemain, car son père venait de mourir ne lui laissant que des dettes.

Marie avait une admirable voix, elle chercha des leçons; mais elle ne comptait guère que dh-sept ans, et la jeunesse inspire peu de confiance aux parents. Les leçons furent rares, bientôt elles cessèrent tout à fait, quand on eut appris que le jeune professeur avait commis une première faute.

Pour ajouter a son malheur, l'homme à qui elle venait de sacrilier, par amour, son honneur, sa réputation, son avenir, l'abandonna quinze jours après, lui laissant le remords d'une erreur inutile, et la misère en perspective.

Sans une seule élève, san> ressource aucune, Marie ne perdit pas courage. C'était une femme de rare énergie; elle jura de conquérir ce luxe pour lequel elle était née et qu'elle appelait de toutes ses convoitises, et elle se promit aussi que si jamais elle vendait son corps, elle ce nstrverait du moins son cœur.

Cependant le dénuement gagnait insensiblement. A cette époque, Paris ne connaissait pas encore les cafés chantants, sans cela Marie eût pu y trouver des ressources, grâce à sa voix remarquable. Elle avait essayé du théâtre, mais elle y apportait une timidité, une gaucherie qui l'en éloignèrent bientôt.

Un jour vint, jour funeste où mademoiselle de Breteuil, ayant vendu au Temple ses dernières dépouilles, resta, au plein cœur de l'hiver, couverte d'une mauvaise robe d'indienne, et d'un châle d'été. Chassée de logement en logement, après avoir laissé ses meubles en paiement, la pauvre enfant s'était retirée

dans un mauvais hôtel meublé de la rue Monlmarire. Là elle avait trouvé, pour dix francs par mois, une chambre, si l'on peut donner ce nom au cabinet où le logeur, un marchand de vins, l'avait reléguée. Cette pièce était située sous les combles. Dans le fond, un lit immuable sur lequel on ne pouvait s'asseoir sans donner du front contre le plafond mansardé; sur le devant, une chaise appuyée d'un côté au lit, de l'autre à la porte même de ce cabinet, puis une petite table. Deux personnes pouvaient à peine s'y tenir. Ce réduit prenait jour, par une seule vitre, ?.ur une cour étranglée, et la porte d'entrée n'était pas même pleine. Un simple rideau de percaline rouge empêchait de voir à l'intérieur, à travers un vitrage dépoli au blanc d'Espagne.

Lorsque Marie se vit dans ce bouge infect, sans ouvrage, sans pain, sans un centime, la faim rongeant ses entrailles, le sang bouillonnant dans son cerveau vide, pour la première fois son énergie l'abandonna, et elle se prit à sangloter. Ah ! qu'ils étaient loin ces beaux rêves esquissés sous les ombrages des Loges, au milieu de ses compagnes!

La pensée du suicide se glissa dans son âme ; ne valait-il pas mieux se briser la tête sur le pavé de la cour, en franchissant une fenêtre, que de mourir liuéralement de faim? Peut-être Mario allait-elle succomber au désespoir, lorsqu'un pas d'homme retentit dans Pescalier. C'était le soir, aucune lumière n'éclairait le sombre couloir, on entendait la personne, qui montait se heurter dans l'ombre, et murmurer avec colère contre une pareille obscurité.

Nous avons dit que la porte de la chambre de Marie était vitrée; aussi la lumière douteuse d'une méchante chandelle, à la lueur de laquelle elle essayait de raccommoder sa robe usée, cette lumière semblait un fanal protecteur dans ces épaisses ténèbres.

Quand l'homme qui montait fut arrivé devant la chambre de Marie, il s'arrêta. Il était certain qu'il n'avait pas l'habitude de cette maison, son hésitation l'annonçait; il était probable aussi qu'il ne savait à quelle porte frapper. Enfin il heurta doucement à celle de mademoiselle de Breteuil.

Marie ouvril, un jeune hoinine s'approcha respectueusement d'elle, le chapeau à la main, et lui demanda d'avoir l'obligeance de lui indiquer la porte de madame Luc.

— La troisième à gauche, répondit Marie.

Le jeune homme releva la tôle, et regarda la pauvre fille avec une extrême surprise. Le timbre de sa voix était si séduisant, son visage était si beau, bien qu'amaigri par les privations!

Pourtant, le visiteur se contenta de remercier, salua et referma la porte.

Un instant après il frappait à la troisième chambre à gauche, mais en vain, pendant cinq minutes. Certain qu'il n'y avait personne, il se retira, et, en passant devant la chambre de Marie, il heurta de nouveau. Celle-ci ouvrit.

— Mademoiselle, lui diNI, j'ai beau frapper, ni madame Luc, ni ses flls n'y sont; autrement ils m'auraient entendu. Je désirerais leur laisser un mot, mais il m est impossible d'écrire dans l'obscurité, et si ce n'était abuser de votre obligeance, je vous demanderais la permission de iracer quelques lignes à la hâte, ici même.

Marie avait eu, cette fois, tout le temps d'examiner l'homme qui lui parlait, et qui n'était autre que le vicomte de Boursonne; elle avait compris que Dieu, ou le hasard, comme on voudra l'appeler, lui envoyait un moyen de salut, et elle se jura à part elle que cet homme ne sortirait pas sans qu'elle eut rive sa chaîne à la sienne.

Quand une femme jeune, admirable de beauté, se met en tête de séduire un homme de vingt-trois ans, elle y parvient sans peine. Maurice était venu dans cette maison y chercher la femme et les enfants de son frère de lait, comme nous aurons l'occasion de l'expliquer plus tard, et il en sortit ivre d'amour. La sirène l'avait fasciné.

Elle n'avait eu besoin que de raconter simplement son histoire, ses luttes, ses souffrances pour se montrer intéressante.

Elle était Glle d'un officier, et Maurice était sous-lieutenant; elle lui faisait lire les actes qui attestaient sa noblesse, et Maurice était noble; sa misère était au comble, elle n'en déguisait rien, et Maurice, dès le lendemain, la conduisait dans un riche

a p parlement, lui donnait des valets pour la servir, des diamants pour enchâsser sa beauté, des chevaux et une voilure pour la faire admirer au Bois à ses côtés. En vingt-quatre heures, Marie passait de la plus hideuse misère à l'opulence, du suicide à la crainte de mourir avant d'avoir vécu dans cette aimosphère de luxe qu'elle avait toujours si ardemment convoitée. Un mois après, mademoiselle de Breteuil excitait l'admiration et l'envie *dc tous les amis de Maurice, et Marie avait rayé de son souvenir le chapiire de sa vie intitulé : Mes misères.

Le comte de Boursonne avait eu bien vite connaissance de cette nouvelle passion de son lils ; pourtant il ne s'en était pas plus inquiété que des anciennes, s'attendant d'un jour à l'autre à voir ces liens passagers se rompre d'eux-mêmes.

Mais quand deux ans se furent écoulés, lorsque M. de Boursonne apprit qu'une fille était née de l'intimité de Maurice avec mademoiselle de Breteuil, il comprit qus cette liaison pouvait ruiner l'avenir de son fils, et il se résolut à la rompre.

Maurice appartenait à l'armée, et, grâce à la sollicitation secrète de son père, il reçut l'ordre de se rendre en Algérie rejoindre le régiment des chasseurs achevai. Une expédition en Kabylie se préparait ; Maurice devait partir sur-le-champ.

Le vicomte fut d'abord altéré. Quitter Paris, ce n'était rien ; mais s'éloigner de Marie, c'était impossible. Marie le rassura; elle lui promit de l'accompagner en secret, elle l'aimait si ardemment! du moins elle le lui disait.

Mademoiselle de Breteuil se rendit en toute hâte à la préfecture pour y prendre son passeport; mais là des ordres avaient été donnés, et on lui signifia nettement qu'on ne lui laisserait pas quitter la France.

Maurice et sa maîtresse virent clairement quelle main les frappait.

Dans le même moment, un ami du comte offrit à mademoiselle de Breteuil une pension de douze mille francs pour elle et sa fille, si elle consentait à ne plus voir le vicomte. Marie déchira le contrat avec des airs de reine outragée, protestant de son désintéressement et de son affection sincère pour son amant.

Comme nous l'avons dit, Marie était ambitieuse, et elle espé-

rait mieux qu'une pension. Elle était sûre de la passion de Mau- # rice: elle venait de lui donner une enfant; cette enfant, le vicomte l'adorait, et mademoiselle de BreteuiL qui avait fait broder sur les langes de sa fille les armes de la maison de Boursonne, commençait à penser que la couronne de comtesse ne siérait pas mal à son front. Elle se sentait assez aimée pour n'avoir à redouter que r absence ; aussi se promit-elle de retenir Maurice tant qu'un mariage n'aurait pas rendu leur chaîne indissoluble.

Il est des positions si solidement établies que rien semble ne pouvoir les briser. Celle de Marie élait de ce nombre. Mademoiselle de Breteuil s'était promis de ne rien faire qui pût compromettre cette situation ; mais si nous pensons avec notre raison, nous agissons avec nos passions, les femmes surtout.

Au nombre des amis que Maurice avait présentés à sa maîtresse, se trouvait son beau-frère, capitaine d'etat-ma jor, M. de Laumière.

M. de Laumière avait trenteans, il n'était ni ly>au, ni brillant romme Maurice, sa figure était môme plutôt laide qu'agréable; mais son visage, tant soit peu Rabelaisien, son regard sensuel, tout son ôtre enfin respirait cette ardeur des sens, cette volupté qui trouble les femmes, et que les courtisanes savent trop apprécier pour ne pas céder à la tentation.

Il faut le dire à la louange de Marie, elle résista longtemps ; moins par vertu pourtant que par crainte de compromettre ses espérances.

Par malheur pour elle, Maurice lui amenait chaque jour son beau-frère; bien plus, les exigences de la société forçant le vicomte de passer souvent ses soirées dans le monde, il chargeait Lnumière de conduire sa maîtresse au théâtre ou dans les concerts. Que de femmes ont ainsi succombé par l'imprudence de leur mari ou de leur amant.

Laumière était devenu ardemment épris de Marie; celle-ci lutta en vain contre cette passion qui la gagnait, l'heure de la défaite sonna pour elle.

Cette intimité durait depuis deux mois sans que Maurice eût aucun soupçon; mais bientôt certaines démarches imprudentes

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de Marie, ses sorties plus fréquentes et cachées, une certaine froideur ou des caresses forcées, firent comprendre au vicomte que, s'il n'était pas encore trahi, du moins il était sur le point de l'être.

Maurice était amoureux, jaloux; il fit épier mademoiselle de Breteuil.

C'est chose difficile et délicate que de trouver un homme dévoué qui consente à remplir le métier d'espion. Maurice savait très-bien que s'il offrait à un agent vulgaire dix mille francs pour surveiller sa maîtresse et lui apporter la preuve de son infidélité, Thonnête agent se ferait payer son silence le double de cette somme par la femme coupable. Aussi Maurice repoussa l-il Tidée de s'adresser à un étranger; il chercha autour de lui et confia ses craintes à un brave garçon d'un dévouement éprouvé.

C'était son frère de lait, il s'appelait Luc. Maurice en avait fait son brosseur au régiment, et Pavait amené avec lui pendant son congé.

Ce jour-là, Luc lui glissa cette phrase à l'oreille :

— Madame est sortie hier avec la voilure à deux heures, aussitôt après le départ de monsieur; elle a fait arrêter rue de Rivoli, devant la grille des Tuileries, a traversé le jardin avec sa femme de chambre, a pris un coupé place de la Concorde, et s'est fait conduire à Auteuil.

— Et tu ne sais rien de plus? demanda Maurice, dont le cœur battait à briser sa poitrine.

— Non, répondit Luc ; mais la femme de chambre me contera tout. Elle est si bavarde. Ah! quelle perruche, mon lieutenant.

Avant de continuer le récit d'événements qui devaient amener un drame si terrible, nous devons esquisser en deux mots le portrait de Luc, destiné à prendre une part assez large dans notre histoire.

Luc était à peu près du même âge que Maurice : il était le fils d'un fermier de M. de Boursonne, et aimait son frère de lait jusqu'au fanatisme. C elait un beau garçon aux joues rebondies,

colorées comme des pommes d'apis, au regard doux, aux cheveux blonds, à l'air candide et naïf.

Il avait à peine vingt ans, qu'une petite Normande, aussi éveillée que Luc Tétait peu, se fit épouser par lui sous prétexte qu'il l'avait compromise. C'était une faute que le pauvre Luc avait partagée avec beaucoup d'autres; mais la petite, servante au château, pleura si fort, menaça si haut de jeter dans la citerne ses dix-sept printemps et son ravissant mir.ois, que l'amoureux consterné la nomma sa femme par- devant M. le maire et M. le curé. Trois mois après la fameu es journée où Bastienne, c'était le nom de madame Luc, avait ceint son front de la couronne de boulons d'oranger, elle présentait à son mari, plus interdit que joyeux , un gros garçon de la plus belle venue.

Luc se gratta longtemps l'oreille, puis il se souvint qu'il existait au chef-lieu de canton un de ces jurisconsultes de cabaret, qui s'intitulent avocats sur le comptoir du débitant de vin, et qui sont la plaie des campagnes. Luc l'alla trouver, et lui exposa son affaire.

— De quel pays est votre femme, demanda le légiste, qui connaissait de longue date le frère de lait de Maurice.

— De la Normandie, de Trun-en-Trunois, répondit le candide époux.

— Très-bien, lit l'oracle, le fait n'a plus rien d'extraordinaire. Tu sauras, mon garçon, qu'un vieux proverbe normand assure qu'à Trun-en-Trunois, les enfants viennent au bout de trois mois.

— Si c'est l'usage du pays, répondit Luc, consolé et rassuré, je vais retourner chez nous embrasser mon petit.

Un an plus tard, l'égrillarde Normande faisait cadeau à son mari d'un second garçon. Luc, surpris, se rendit encore cette fois au chef-lieu de canton, chez maître Rontonnet, l'avocat sans diplôme qui donnait, selon son habitude, ses consultations chez le débitant devin. Entre deux petits verres d'alcool de belterave, Luc lui rappela le proverbe normand sur les enfants des filles de Trun-en-Truriois, et lui dit que cette fois l'enfant au lieu d'ar-

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river au bout de trois mois, était venu le neuv ième, ce qui inquiétait fort le mari.

— Très-bien, fit encore l'oracle, plus triomphant que jamais, et que rien ne déconeerait ; très-bien, mon garçon, j'avais oublié la seconde moitié du proverbe. A Trun-en-Trunois, les enfants naissent au bout de trois mois : mais seulement la première fois.

— Si c'est seulement la première fois, murmura Luc tout à fait rassuré, je vais embrasser mon second.

Il paya l'homme aux proverbes, et courut au berceau de sa progéniture.

Moins d'un an plus tard, Luc était forcé de se rendre sous les drapeaux, et Maurice le faisait entrer dans son régiment. Comme le pauvre Luc ne cessait de se désoler en pensant à sa femme et à ses deux fils, Maurice lui fit obtenir un congé quinze mois après, et le mari de Bastienne reprit le chemin de son pays, la joie au cœur, le sac sur le dos, et pensant à la douce surprise que son retour inattendu allait causer è sa femme.

Il était nuit quand il arriva au village ; la porte de sa maison n'élail pns fermée en dedans; il la poussa, et entra les bras étendus comme pour étreindre plus vile dans sesembrassements cette petite famille qui devait l'appeler de lous ses vœux. ■

Mais le pauvre soldat faillit tomber â la renverse à la vue du tableau d'intérieur qui s offrait à ses yeux : sa femme allaitait deux jumeaux nouveau nés.

Celte fois, ce fut en vain que la rusée Trunoise parla de consulter encore maître Rontonnet. Luc n'avait plus l'oreille aux proverbes; il n'embrassa aucun de ses quatre garçons, fit grâce â l état du surplus de son congé, et rentra tristement à son régiment. *

Pendant quelque temps, Bastienne laissa son mari tranquille; mais lorsque l'argent vint à lui manquer, elle s'efforça de reconquérir le cœur et surtout les économies du pauvre Luc. qui avait suivi Maurice à Paris. Ce fut à cette époque que le vicomte de Boursonne, apprenant les obsessions de madame Luc, voulant sauver son fidèle frère de lait des griffes de la petite Normande, et la sachant logée en garni dans l'hôtel où Marie s'é-

tait réfugiée, était venu apporter un soir des secours el un ordre de départ à Bastienne, et avait rencontré mademoiselle de Breteuil. Tant il est vrai qu'ici-bas les événements s'enchaînent inexorablement, et nous entraînent fatalement là où notre destinée veut nous conduire.

Dppuis ce moment, Luc n'avait plus entendu parler de sa femme; mais en se laissant consoler par la camériste de Marie de Breleuil, il avait eu connaissance de tous les secrets de la maîtresse de Maurice, et avait éclairé son maître sur les infidélités que celui-ci soupçonnait. Tout est ricochet dans la vie.

Ce fut par cette lille de chambre que Luc sut que Marie avait eu, la veille, un rendez-vous avec un jeune homme à Auleuil, et que, dans ce rendez-vous, les deux amants avaient échangé un cadeau.

L'homme avait offert à sa maîtresse un bracelet renfermant son portrait dans un médaillon fermé par un secret.

Sûr de la trahison de sa maîtresse, Maurice voulut découvrir le nom de son rival, et il se rendit aussitôt chez mademoiselle de Breteuil. La femme de chambre s'efforça de l'arrêter au

passage ; il Técarla brutalement, pénétra dans le boudoir où se tenait Marie, et demeura stupéfait. Son père était assis en face de mademoiselle de Breteuil.

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