‹ La légende de Pierre Faifeu. PubliéeChapitre 15 sur 60 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

L y avo'it, tout au. commencement, Qu'il fut bien temps, pour son advar.ccment, ' Qu'estudiast : on l'envoyé à l'escolle, Mais son esprit, sy comme je recolle ,

Estoit tant gay, tant plaisant et joly,

Que de plaisir il estoit tout poly;

Fort inventeur, selon son petit aage',

De quacquetter et dire il fais oit rage,

Tant que jamais à nul il n'ennuyoit,

Mais ung chascun de ses gestes ryoit :

Les gros seigneurs l'avoir avaient envye,

Autant qu'enfant qui pour lors fust en vyc.

Pour ung enfant c' estoit le nompareil :

Je croys qu'au monde il n'avoit son pareil.

Ung jour advint, entre ses faitz joyeulx.

Pour ses deffaulz, dont il ne fut joyeulx,

Sa mère a dit qu'il aurait la fessée :

Dont de tel fait il cheut en grant pensée,

En méditant manière d'eschapper :

Il luy faschoit de se laisser happer.

Or tout soubdain trouva une cautelle.

Sadicte mère avait coustume telle.

De le lever souvent au sault du lict,

Qui pas n'estait pour luy trop bon delict.

Il est ainsi qu'il eust ung autre frère,

Plus vieil que luy, dont pour mieulx se défaire

D'estre fessé, il se couche en sa place,

Subtillement de son lieu se desplace.

Et fait le guect quant sa mère viendrait :

Au plus matin secrettement vint droit,

Cuydant trouver au lict le vaillant homme;

Mais se lever je crois que pas ne chomme.

Elle s'adresse où le pensait trouver :

Subtilité n'est que de cantrouver.

Car a trouvé son grant frère en son lieu.

Dieu sache bien s'il y eut du beau jeu;

Il fust fessé, car il fut prins pour l'autre,

A pays d'escu, et d'un cousté et d'autre.

DE PlERFvE FAIFEU

Comment, quelquefois qu'il estoit à l'escolle, son maistre luy baillant la fessée, il efToira.

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