‹ La légende de Pierre Faifeu. PubliéeChapitre 36 sur 60 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

UNE heure estait, o aucuns ses amys, A hancqueîer, où sa peine il a mis Faire payer à ung de la cohorte Une choppine ypocras. Or la sorte Pourquoy ce fust, pas je ne le sçay bien. Mais y avoit tout plain de gens de bien. Qui grant vouloir avoient de tel vin boire. Le compagnon, sans perdre son mémoire, Fist si tresbien que l'autre en fust content. Pour en avoir, sans le payer comptant, Fallut soubdain construyre une cedule:

Tost la bastir Faif eu point ne reculle, Et n'a failly y mettre tout le pot; A la signer, ne craignant tel tripot, Sans regarder, son amy ne refuse.

Or, tout soubdain, sans faire longue muse, Faifeu s'en va gentement la porter Droit chez Bruere, et a fait apporter

De l'ypocras toute pleine une quarte :

Car, en ayant toujours cednle ou charte Dudit seigneur, rien ne refuscroit, Et pour son corps tout son bien userait. En bancquetant, cliascun d'eulx s'esmerveille, Car ne sçavoient la finesse et merveille Qu'a fait Faifeu : car Vypocras dura Tout le hancquet, et nul n'en endura, Et ne cuydoient avoir eu que choppine.

Quant eurent fait, pour payer la pr opine De l'ypocras, vint ledit créditeur.

Et ne pensant estre granment debteur.

Adonc Bruere a desployé sa lettre :

S'il n'est pcsneux, il commença à V estre, Car pour choppine ung pot il a poyé, Dont fut bien fait et tresbien employé, Car jamais nul ne doiht son seing escripre. Que le dessus n'ayt sceu gouster et lire.

Comment, un Jour, s'envenant d'Orléans par la rivière de Loyre, il fist tayre les lavandières de buée, à Bloys.

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