CHAPITRE XXXV
ON doit penser cfue le mal sainct François Souvent avait {comme on voit maint François, Qui à gaudir s^esbat et prend sa cure") ; Si le surprint, mais soubdain il procure En recouvrer, non par sort ou devin.
Il est certain que sa mère eut de vin Ne sçay combien, mais toutefois grant nombre Elle en avoit aux champs; or une encombre A tost trouvé, pour en avoir argent, Le vaillant filz, car bien fut diligent Mener marchant, auquel l'a demonstré, Vendu, livré, et luy a remonstré Tost le lever, ou bien du guarantage Ne luy promet, mais luy dist davantage (J)e peur qu'il fust d'aucun anticipé.
Après avoir amplement occupé Tout le payement) : « Mon amy, or te haste Lever ton vin, ou bien le cas tu gaste. Car, si tu faulx ce jourd'huy le lever. Aucun pourra contre toy s'eslever.
Lieve-le tost^ car présent le te livre,
DE PIERRE FAIFEU lOJ
Et remmener tout sonhdain te délivre. » Le marchant fat de son fait paresseux.
Car il ne sceut lever du vin que deux De ses tonneaulx qu'incontinent la mère Ne le sceust bien, dont eut douleur amere. Mais toutesfois à ce cas a pourveu.
Tout regardé, advisé, et prou veu, Le marchant fut trompé par sa paresse; La mère aussi, que le cas apparesse. Perdit du vin deux pippes ; toutte somme, Pierre eut argent, dont indigence assomme. Veyez comment, en plain jeu ou rabbatz, Pierre Faifea usoit de ses esbatz.
Comment il devoit argent à ung créditeur, qui le misi en justice.