CHAPITRE XLI
D'aucune /î/Ze^ ung coup, fut ameureux, Dont en passa maint jour moult langoureux, TantquUl advint que d'elle eut jouissance A son vouloir, et tout à sa plaisance. Mais proprement, tout ainsi que la pluye. Fort désirée, incontinent ennuyé, Luy ennuya avoir ung tel fardeau.
S'en despescher bien voulait le hardeau, Mais ne povoit à son plaisir en faire; Parquoy encore ung peu de temps diffère. Or, pour plus scur son vouloir mettre à fin
Luy qui estait entre tous le plus fin,
A la commère il dist, une soyrée :
(f Au plus matin que serez essorée.
Si que trop mieulx je vous puisse emboucher,
Il fault qu'aillez parler à ung boucher,
Et achepîer pour dix solz de viande,
Car au disner demain une grant bende
De compagnons seront avecques moy. «
L'argent a prias : au matin, sans esmoy,
Au boucher vd, pour faire son emplecte.
Tandis que fut, Faifeu soubdain explecte
Bien autrement qu'ainsi comme elle entend:
Car luy cercha ses hardes tout content.
Et les bailla, si bien le cas des i ne
{Pour les garder'), à une sa voisine.
Et luy bailler quand serait de retour.
Ainsi Faifeu luy joua de ce tour.
Puis il en sort, en fermant huys et porte,
Avecques luy toutes ses clefz emporte.
Et s'en alla aux champs pour passer temps.
Ladicte fille, ainsi comme j'entends,
Longtemps ne fut, mais, à la revenue.
Bien esbahye elle est de la venue;
Ce nonobstant, bien longtemps attendit
Son revenir, mais enfin entendit
Que son dict maistre ainsi l'avait pippée,.
Et cautement de chez luy extirpée.
Lors s^en alla, pour faire fin de compte, Cer cher parti, atout sa courte liante.
Ainsi Faifeu à chascun a aprins S'en depescher, quand prou on en a prias.
Comment, à Saulmur, il se trouva en certaine compagnie, où fut faicte une follye : dont il fut prins et mis en prison; et comment il demanda estre renvoyé à Angers ; et comment à Sainct-Ebvroul il se saulva.