‹ La légende de Pierre Faifeu. PubliéeChapitre 54 sur 60 · CHAPITRE XLIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIII

>^UANT eut régné ainsy par ung long temps, V^Tou^ ses amys n' estaient pas trop contens Qu'il ne mettait peine à se reiyrer, Ce nonobstant qu'onc ne vault attirer A faire mal, mais en joycuseté

Tousjours par tout il a joyeux esté.

Et gaudisseur, entretenant commères,

Tant qu'il en fut, que venir fist comm' mères :

A F une Jl fit une tresjo lie garce.

D'elle parler jamais je ne m'esgace,

Pour tant qu'Angers de présent eW fait feu :

Dégénérer eW ne pourrait Faifeu,

Car, à la veoir, ainsi qu'on me rapporte,

Audit Faifeu de visage reporte,

En faitz et ditz oncque on ne veit pareille;

Les plus gros sieurs luy prestent leur oreille :

En plusieurs lieux, où glands defain choirroient.

Les bons morceaulx souvent luy eschoirroient :

Car, en Angers, pour faire fin de conte.

Quant à jaser, d'elle on tient fort grant compte.

Mais en ses ditz pas ne tient graas propos,

Car son esprit n'a guère de repos.

Mais îoutesfois souvent à plus sotz qu'elle

Mengeust le pain, et mainte autre séquelle.

Pour demonstrer, par inclin paternel.

Que du tout n'a retins le maternel.

Quand du babil elle tient de son père,

Et de pisser elle tient de sa mère.

Comment ses parens le pathelinerent et redarguerent tant qu'il fut d'opinion estre marié.

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