‹ La légende de Pierre Faifeu. PubliéeChapitre 59 sur 60 · CHAPITRE XLVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVIII

POUR parvenir de ses faitz à la fin, Il n'eut cousin, parente, ne affin, Luy retourné, qu'aux nopces ne convye.

Bien cuyde avoir longuement par con vye. Le jour fut mis, pour mieulx luy donner famé, Qu'espouseroit à Sainct-Julien sa femme; Mais cependant chascun jour se desguyse. Et s'en alloit de chez luy à l'esglise Avec sa veze, ou bien o sa vielle : Oncques on ne veit pareille kiriellej' Plustost faisait l'aveugle ou le mancquet. Aux compagnons ainsi fist maint bancquet. Pour luy tenir compagnie à ce faire.

Tous ses voisins pensans que fust pour faire L'espousement : donc chascun y tournait; Maint y couroit, qui pesneux retournoit. Mais le jour vint qu'on fist à bon escient; Pierre Faifeu, comme bon et scient.

Sa femme print, dont il ne fault pas dire Que maint le veit, qui fort s'en print à rire.

Le jour fut gay, [risque ^ et plaisant, et beau;

Maint, au hancquet, sur chaere ou escabeau.

Fut resjouy de tabours et bussines;

Là on a fait maints passeteinps et signes;

Plusieurs dances morisques et virlaiz,

I furent faitz, par maistres et varletz;

Les metz qu'on eut racompter par parolle

On ne sçauroit, ne rédiger par rolle,

Car l'abundance y fut tant superflue

Je croy le bien de tout Angers y flu'é.

Le jour passa, chascun se retira :

Mesmes Faifeu vers sa femme attyra.

Comment, après avoir esté certain temps en mesnage avec sa femme, il mourut de merencolye.

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