‹ La légende de Rahu, chez les Bramanes et les Buddhistes par m. FeerChapitre 2 sur 7 · LA LÉGENDE DE RAHU CHEZ LES BRAHMANES · texte numérisé non relu

LA LÉGENDE DE RAHU CHEZ LES BRAHMANES

Râhu était fils de Sinhikâ : « Sinhikâ, dit le Mahâbhârata, enfanta un fils, Râhu, qui broie le soleil et la lune -, b et plus loin, « on l'appelait sur la terre le roi de Kàçî (Bénarès), t celui que Sinhikâ enfanta sous le nom de Graha, et qui « broie le soleil et la lune 3 . » Râhu portait donc aussi le nom de Graha, qui signifie saisie, ou celui qui saisit, parce qu'il saisit le soleil et la lune pour les dévorer.

Sinhikâ était l'une des cinquante filles de Daxa, né du pouce droit du Brahmâ, et qualifié de Prajâpati ou seigneur des créatures (créateur en sous-ordre). Des cinquante filles de Daxa, treize furent mariées à Kaçyapa 4 qualifié aussi de Prajâpati, appelé père de tous les êtres, et petit-fils de Brahmâ par Marîchi. Le nom de Sinhikâ se trouve dans une liste de treize filles de Daxa, parmi lesquelles sont citées Kadrû, Vinatâ et d'autres, connues pour être les épouses de Kaçyapa 5 . On serait donc autorisé à en conclure que Kaçyapa était l'époux de Sinhikâ et le père de Ràhu : mais le

1 11 se peut que le germe de ce mythe comme de plusieurs autres se trouve dans le Veda, mais je n'en ai pas connaissance. « Adi Pana, çl. 2539.

1 Adi P., çl. 2675.

* Adi P., çl. 2577 et 3133.

• Adi P., çl. 252(M.

Harivança nous apprend que Râhu eut pour père Viprachitti, le plus fameux des fils de Kaçyapa et de Danu \

Comme petit-fils de Danu, Râhu appartient à la race des Dânavas ou enfants de Danu. Ceux-ci, réunis aux Daîtyas ou enfants de Diti, leurs cousins, firent aux Adityas également eurs cousins (car Danu, Diti et Aditi étaient sœurs comme filles de Daxa) une guerre célèbre dans les traditions religieuses de l'Inde, et qui répond à la guerre des dieux et des Géants de la mythologie hellénique. Les Adityas et leurs alliés furent désignés par le nom générique de Dêvas ou Suras (dieux) tandis que leurs adversaires furent appelés Asuras, ou ennemis des Suras. Ràhu joue un rôle important dans cette guerre : le Harivança nous le représente comme un des premiers chefs des Asuras, et nous décrit son combat avec un des dieux Rudras, Ajaikapâd 2 . Mais l'épisode qui mérite surtout notre attention est la part qu'il prit à la lutte des Suras et des Asuras, à l'origine même du débat qui les mit aux prises. Cet épisode a été le point de départ de tous les mythes dont Ràhu est devenu le sujet.

La guerre éclata entre les Suras et les Asuras à l'occasion de l'Amrita ou breuvage d'immortalité. La recherche de ce breuvage a vivement occupé l'imagination des Hindus ; ainsi, d'après les livres buddhiques, lorsque Çâkyamuni eut trouvé la sagesse absolue (la Rôdhi). le bruit se répandit qu'il avait découvert YAmrita. Les dieux eux-mêmes avaient besoin de ce breuvage, et pour se le procurer, ils se mirent, sur le conseil de Brahmâ, à baratter la mer : car, selon les Hindus, la mer est le réceptacle des trésors, toutes les choses précieuses en sont sorties. Afin d'exécuter ce barattement colossal, les dieux prirent le mont Mandara, y enroulèrent le serpent Vâsuki comme une corde; puis Suras et Asuras. tirant les uns d'un côté, les autres de l'autre, commencèrent à battre énergiquement les eaux de la mer. Après de longs et

* Harivança, traduit par Langlois, 1, 21.

» Harivança, II, 424, 448-450.

pénibles efforts, on vit sortir de l'Océan une foule de magnificences; et lorsque parut l'Amrita, une lutte formidable s'engagea entre les deux partis. Enfin, les adversaires des dieux, vaincus, abandonnèrent la place, laissant à leurs rivaux le prix de la victoire, le précieux Àmrita 1 .

Pendant que les dieux buvaient à longs traits l'immortalité, Râhu se tranforma en dieu pour en prendre sa part. Mais le soleil et la lune, s' étant aperçus de la fraude, la dénoncèrent aux dieux. Alors Vishnu saisit son disque, le lança, et, sans laisser à l'intrus le temps d'absorber l' Amrita, fit voler à travers les airs la tête de Râhu. Depuis ce temps, cette tête errante se précipite sur ses dénonciateurs pour les dévorer. Voici, du reste le récit du Mahâbharata :

Pendant que les dieux buvaient l'Amrita désiré, Râhu le Dânava, sous la forme d'un dieu (Vibudha), commença â boire rAmrita. Au moment où l'Amrita atteignit le gosier de ce Dânava, le fait fut révélé par le soleil et la lune, jaloux du bien des Sûras. Alors, avec puissance, Bhagavat (Vishnu), saisissant son disque, son arme circulaire appelée chakra, coupa la tête parée de ce démon qui buvait l'Amrita. Cette grande tete du Dânava, semblable au sommet d'une montagne, tranchée par le disque, s'éleva

• Le récit complet de l'épisode du Barattemcnl de la mer et de la guerre, qui s'ensuivit pour la possession de rAmrita, remplit les lectures 17 e , 18 e et 19 e de l'Adi Parva (cl. H 03-81). — Je ne puis m'empêcher de faire une remarque au sujet de la guerre des dieux et des démons ou des Suras et des Asuras. Ces deux classes d'êtres, on l'a vu plus haut, ont môme origine : ce sont deux branches d'une môme famille qui se disputent la prééminence. Dans la lutte que décrit le poème sanskrit, les deux partis sont présentés comme ayant des droits égaux; c'est le droit de la guerre qui a fait la supériorité des Suras sur les Asuras. Le breuvage d'immortalité tomba même d'abord aux mains des Asuras, et ce fut seulement par une ruse que leurs adversaires parvinrent à le reprendre. En remoulant plus loin , on va jusqu'à trouver que la supériorité aurait d'abord appartenu aux Asuras. La langue elle-même favorise ce point de vue : car, primitivement, Asura se prenait en bonne part et signifiait esprit, dieu, et il est resté avec ce sens en Zend, sous la forme Ahura. C'est postérieurement, par méprise ou par calcul, cl au moyen d'une fausse étymologie, que l'on a opposé le mot Asura au mol Sur a, comme un négatif signifiant Non-Sura (ennemi des Suras.)

dans les airs en poussant un cri épouvantable. Le tronc palpitant de ce Daitya, tombant sur le sol, ébranla la terre avec ses continents, ses forêts et ses montagnes. Dès lors, la tôle de Râhu voua une haine irréconciliable au soleil et à la lune, et, aujourd'hui encore, elle cherche à les dévorer K

C'est donc la vengeance qui précipite Râhu sur le soleil et la lune. Mais comment ces deux astres résistent-ils à ses attaques redoublées? Qui met obstacle aux fureurs de Râhu? La légende ne le fait pas connaître. Nous voyons seulement, un peu plus loin dans le poëme, le soleil indigné de l'ingratitude des dieux qui le laissent exposé sans défense à la voracité de son ennemi, et qui veut consumer les mondes.

Dans le temps où le soleil et la lune dénoncèrent Rahû buvant l'Amrita, Râhu fit du soleil et de la lune l'objet de sa haine. Quand le soleil se vit attaqué constamment par (iraha, la colère entra dans son âme : « C'est pour le bien des Suras, se dit-il, « que j'ai excité contre moi la colère de Râhu. Je veux coma mettre un péché qui causera de nombreux malheurs, et le « commettre moi seul : aussi bien nul ne se présente pour m'ai- « der dans mes travaux et mes misères. Les habitants du ciel « voient (Râhu) me dévorer, et ils le souffrent! Hé bien! me voici » prêt à travailler à la ruine du monde, oui, je le ferai 2 ! »

Le danger devint très-sérieux. Le soleil se prépara à causer un incendie universel, et il fallut que les dieux intervinssent 3 . Par le conseil de Brahmà, ils donnèrent pour cocher

* Adi Parva, cl. M61-68. M. Fauche a rendu ce passage dans la belle traduction qu'il nous donne du Maha-Bharata. Quel que soit le mérite de cette traduction, on ne trouvera pas mauvais que, dans mes citations, pour éviter des discussions de détail, je traduise moi-même : je tiens seulement à dire que je fais grand cas, et surtout grand usage de son travail.

* Adi Parva, 1266-69.

* L'incendie dont le soleil menace le monde rappelle un trait de la légende hellénique de Phaëton. Mais surtout la colère du soleil fait penser à un épisode semblable de l'Odyssée. Quand les compagnons d'Ulysse, presses par la faim, eurent, malgré les recommandations expresses de leur maître, tué et mangé les bœufs du soleil, l'astre au désespoir adressa cette prière aux dieux : « Père Zeus, et vous autres, dieux bienheureux, toujours exisants, punissez les compagnons d'Ulysse, fils de Laérte oui ont oulrageu-

au soleil Aruna, fils de Kaçyapa et de Vinatâ, et qui se trouvait ainsi par sa mère, le cousin, et par son père, Poncle de Râhu.

La fonction d'Aruna était d'amortir, en s'interposant, les rayons du soleil : mais nous ne voyons pas qu'il eût pour mission spéciale de le protéger contre Râhu : c'est contre l'astre lui-même, non contre son ennemi, que les dieux avaient pris leurs précautions. Il nous reste donc toujours à savoii comment le soleil et la lune échappent à la destruction. Un çlôka du Mahâbhàrata nous apprend que le plus grand criminel, en récitant le poëme, est par cela même délivré de ses péchés, comme la lune des étreintes de Ràhu * ; mais nulle part on ne voit clairement expliquée la délivrance de la lune. Différents passages, dans lesquels Ràhu est cité, par exemple celui où il figure dans le cortège de la cour de Rrahmà 3 , n'éclaircissent point la question, et je ne connais aucun texte qui permette de la résoudre.

Cependant Langlois, dans la table alphabétique, jointe au théâtre indien, dit que Râhu rejette le soleil et la lune après les avoir avalés : je ne sais sur quel texte cette assertion est fondée; admettons-la comme exacte, en attendant qu'elle puisse être vérifiée. Le même auteur ajoute que le tronc de Rûhu prend le nom de Kêtu, et forme le nœud descendant de la lune, comme la tête de Râhu en est le nœud ascendant. Ces dénominations astronomiques sont justes ; je n'insisterai pour-

sèment tué mes bœufs, ces bœufs dont j'étais si fier, soit que je me dirigeasse vers le ciel étoilé, soit que du ciel je redescendisse vers la terre. Si je n'obtiens pas (des coupables) une juste réparation pour (le meurtre de) mes bœufs, je m'enfpnccrai chez Adôs, et je luirai parmi les morts (chant Xlt, M. 376-83). » Quel ne devait pas être le désespoir de l'astre du jour, pour qu'il songeât ainsi à aller éclairer les morts! Poussé par le désespoir ou l'ardeur de la vengeance, le dieu Hélios des Hellènes veut aller briller pour les morts, plonger les vivants dans les ténèbres, — le dieu Sûrya des Aryens veut consumer les mondes. Ces deux idées répondent parfaitement soit au génie des deux races, soit au climat du pays qu'elles habitaient.' 1 Adi Parva, çl. 2302.

• Mahâbhàrata,— Sabha Parva, çl. 447. — Harivança, II, p. 473.

tant pas sur ce côté de la question. Kêtu est représenté comme dévorant le soleil et la lune, aussi bien que Ràhu ; mais la légende n'en fait qu'une portion de ce monstre, et le confond avec lui. C'est Râhu qui est le personnage important et qui personnifie réellement l'éclipsé.

Voilà tout ce qu'il est possible de dire sur la légende de Râhu chez les Brahmanes : mais avant d'aller plus loin, il semble utile d'étudier le nom même de ce personnage, afin de voir si ce nom ne peut rien nous apprendre.

Les Brahmanes font dériver le nom de Râhu de la racine Rah, abandonner ; l'allongement de l'a, l'adjonction du suffixe u constituent le mot. 1 1 n'y a rien à dire contre cette étymologie; elle est aussi plausible que beaucoup d'autres, et moins forcée que plusieurs. On peut cependant trouver étrange que ce monstre, dont la fonction est de saisir le soleil et la lune, soit désigné par un mot qui exprime Y abandon : ce serait une sorte d'euphémisme. Mais je n'insiste pas sur cet ordre d'idées : une autre circonstance me cause quelques doutes sur l'étymologie brahmanique du nom de Râhu, c'est la manière dont les Tibétains l'ont rendu. On sait qu'ils traduisent les noms propres avec une très-grande fidélité ; et quand la traduction est défectueuse, il faut que quelque raison grave en soit la cause. Or, le nom tibétain de Râhu n'exprime nullement l'idée d'abandonner : — on ne voit rien qui le rattache au mot sanskrit : — il est même très difficile de l'expliquer d'une manière satisfaisante et complète. Cependant, si le nom de Râhu offrait un sens évident, peut-on croire que les Tibétains ne l'auraient pas rendu par un mot aussi clair, exprimant la même idée avec une précision égale? Rien de semblable dans l'état actuel, et l'on en va juger. Le nom tibétain de Râhu est Sgra-gchan. Sgra signifie voix, mais le terme gehan reste obscur; on ne le rencontre que dans des composés où sa signification n'est pas claire: peut-être a-t-il le sens de garder, posséder; on pourrait alors le considérer comme la forme première de chan, suffixe de possession. Car le g, dans gehan, est une de ces lettres préfixes dont l'emploi

mystérieux constitue Tune des plus étranges particularités de la langue tibétaine. L'expression Sgra-chan, très-semblable à Sgra-gchan, et qui en diffère à peine dans la prononciation, signifie doué de voix, retentissant : nous n'avons cependant aucun droit d'en conclure l'identité de ces deux termes Sgrachanel Sgra-gchan. Mais deux faits restent certains: 1° le mot tibétain n'est pas la traduction du mot sanskrit (tel qu'on l'interprète) ; 2° l'expression voix joue dans la composition de ce mot un rôle important. Et ce qui paraît ressortir de ce double fait, c'est que les Tibétains doivent avoir trouvé dans leur propre langue, dans leurs traditions primitives, un mythe et une expression, correspondant d'une manière assez exacte avec le mythe dont Ràhu est le thème, pour n'être pas réduits à interpréter servilement le mot sanskrit : c'est aussi que le mot Râhu peut bien n'être pas sanskrit, mais avoir été emprunté, avec les éléments du mythe qui s'y rapporte, aux races primitives de l'Asie centrale ; en sorte que les Tibétains n'auraient pas eu de peine à reconnaître dans Râhu une divinité presque nationale, et à lui imposer un nom vraiment tibétain 4 .

' Au sujet de Râhu, M. P. Balaillard, qui s'est livré à de profondes et savantes recherches sur les Bohémiens, m'a fait une intéressante communication, d'un caractère tout privé, mais dont il m'autorise à faire usage, cl dont voici à peu près la substance.

Les Bohémiens de Norvège, originaires, selon leur propre tradition, de la ville d'Assas, dans le pays d'Assaria, ont pour dieu Dundra, qui, leur ayant apporté sa loi dans ce pays, retourna ensuite dans la lune où il fait sa demeure sous le nom d'Alako. Là, il lutte contre des ennemis redoutables qui sont souvent sur le point de le vaincre; mais il reprend toujours le dessus : ce qui explique les phases de la lune. L'image d'Alako (ou Arako) est l'objet d'un culte; cl, dans les fêles annuelles, on lui chante des hymnes que les adorateurs eux-mêmes n'entendent pas. Les Finlandais, qui se représentent la lune comme poursuivie par un mauvais esprit, ont un terme analogue au nom d'Alako, celui d'Alakuu, qui signifie lune décroissante. Quant au nom bohémien (ou later) d'Alako, on le rattache à une racine rake qui signifie parler, en sorte que ce nom exprimerait la parole, chose assez naturelle, puisque le dieu passe pour avoir instruit le peuple qui l'adore.

Il y a là bien des traits dignes d'attention ; le nom d'Alako, pris dans sa forme extérieure, se rattache très-aisément à celui de Ràhu, et e sens de

Mais ce point de vue nous ramène aux origines de notre mythe ; et nous avons à étudier les altérations et modifications qu'il a subies chez les Buddhistes.

Je distingue, dans l'histoire du développement de cette légende chez les Buddhistes, trois périodes que je ne puis préciser par des dates, mais qui me paraissent se déterminer d'elles-mêmes par la comparaison des divers récits. Elles sont caractérisées: la première, par la simplicité et un bon sens

parole, attribué à ce mot offre un rapprochement frappant avec l'un des éléments du nom de Râhu en tibétain. Je n'insiste pas trop sur les hymnes inintelligibles qu'on chante en l'honneur d'Alako, et qui rappellent les Dharanîs qui remplissent les tanlras du Buddhismc Civaïle, parce que c'est une pratique très-générale, et qui se retrouve chez beaucoup de peuples. Si Alako est un dieu bienfaisant identifié avec la lune, il peut très-bien être devenu, chez les Aryens, un monstre malfaisant, ennemi de la lune. Ce phénomène ne serait pas plus étrange que celui que nous offre l'histoire de la race Aryenne elle-même, au sein de laquelle la racine Div forme, pour l'une de ses branches, le nom des dieux et pour l'autre le nom des d&mons. La différence entre le mythe de Râhu relatif aux éclipses de lune et de soleil, et celui d'Alako, relatif seulement aux phases de la lune, n'est pas assez grande pour empêcher la conciliation de l'une avec l'autre. Cette conciliation est loin d'être évidente et de s'imposer à l'esprit : elle est cependant possible. Si donc, d'après des faits et des rapprochements qu'indique M. Bataillard, l'origine des Bohémiens devait être recherchée au pied de l'Himalaya, dans le pays d'Assam, où il existerait encore une tribu des Dôm, avec laquelle il serait possible de les identifier; les rapports que nous venons de signaler tendraient à favoriser l'hypothèse qui ferait venir le mythe de Râhu des tribus de l'Inde avec lesquelles les Aryens se sont trouvés en contact et en lutte, dès leur arrivée dans le pays. Le rôle important que joue Râhu dans la guerre des Suras et des Asuras semble autoriser une semblable conjecture; car, malgré les données qui représentent celle guerre comme une lutte de famille, un déchirement intérieur, une guerre entre «les frères ennemis, il est difficile.de croire que des haines de race, des inimitiés nationales n'aient pas contribué à la formation de ce mythe; et qui peut dire alors le nombre et la variété des légendes que les Aryens auront sans doute adoptées et fait entrer dans le vaste ensemble de leurs traditions épiques et religieuses? il y a là un sujet digne d'attention que je nepuis traiter ici, mais qui formera l'un des plus curieux chapitres de l'histoire, encore si obscure, des peuples primitifs de l'Asie centrale.

relatif; — la deuxième, par l'exagération et la fantaisie poussées aux dernières limites; — la troisième, par l'absence de Buddha Càkyamuni, les rôles étant donnés soit à des religieux, soit à desBuddhas imaginaires.

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