‹ La Légende de Saint Ursule Princesse Britannique et de ses Onze Mille Vierges d’apres les Anciens Tableaux de l’ Église de Sainte-Ursule a Cologne Reproduits en Chromolithographie PubliéeChapitre 154 sur 179 · TRENTON ZO · texte numérisé non relu

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« Festum sanctarum Ursulz, Undecimille et sociarum virginum et marlyrum; fete des saintes Ursule, Ondecimille et leurs compagnes, vierges et martyres. »

Nous convenons done que la légende vulgaire de sainte Ursule s’étend au dela de ’histoire; mais nous soutenons qu’elle n’a puse former qu’autour d’un fait historique considérable. Ce fait, c'est le sacrifice de la vie, qu'une jeune personne, distinguée par sa naissance, par ses qualités et plus encore par sa vertu, a fait a sa foi et a sa virginite, avec plusieurs compagnes et peut-étre avec beaucoup d'autres, qui auraient enduré le supplice du martyre en méme temps et dans le méme lieu.

Ce fait, se dépouillant avec le temps de la plus grande partie de ses détails, aura été désigné par ce qu'il avait de plus saillant, et sera devenu le martyre de sainte Ursule et de ses compagnes. Mais il n’aura pu se dépouiller si bien de ses circonstances primitives, qu'il n’en demeurat des réminiscences confuses, lesquelles auront servi de théme aux légendes amplifiées par des fictions.

Celui qui, s’attachant aux détails de la légende, mettrait en relief les invraisemblances intrinséques pour amonceler des doutes sur le fait principal et essayer de le faire disparaitre de Vhistoire, serait beaucoup plus ridicule que dom Pernety, quand il a composé deux volumes lourdement écrits et remplis d'une facile érudition, en grande partie pour prouyer, par les caractéres intrinseques de l’Iliade, que Ja guerre de Troie n’a pas existé, et que Homere en a fait sortir de son cerveau jusqu’a la premiére idée. Dom Pernety a du moins l’'avantage de se placer A l’extréme limite des temps historiques, tandis que celui qui voudrait effacer de Vhistoire les faits principaux de la vie et surtout de la mort de sainte Ursule, aurait contre lui une tradition qui remonte yisiblement 4 l’époque méme des faits, qui a commencé et s'est étendue dans des siécles parfaitement historiques, qui s'est fixée successivement dans des monuments divers et nombreux, est passée dans le culte, et s’est conservée surtout par une longue chaine de disciples, qui ont emprunté leur nom du nom méme de sainte Ursule. Les fictions de la légende de sainte Ursule se rangent donc autour de l’histoire, en la voilant, sans doute, mais non pas en |’étouffant. Ce sont des couleurs surajoutées, mais qui, au lieu de détruire ou méme de dénaturer les faits primitifs, leur donnent plus de relief et méme trop; ce sont des détails qui mettent en scéne, en action, l’enseignement et l’édification résultant de ce fait : « qu’une jeune personne, qui pouvait jouir de tous les avantages d'une position brillante dans le monde, a tout sacrifié avec sa vie pour conserver sa foi et sa virginilé, et qu'elle a trouvé dans sa foi et dans la grace qui la soutient et lalimente toujours, une force calme et invincible capable de triompher, au milieu des plus grandes souffrances, de toute la puissance d'un tyran, envahissant injustement, mais heureusement sans succés, le sanctuaire inviolable d’une conscience pure. Kt hxe est victoria que vincit mundum, fides nostra! » (I Joan., v, 4.)

M. Dutron, pages 6 et 7 de son Introduction, aun passage un peu dur sur la crédulité du moyen age, a propos de la légende de sainte Ursule. Mais le vice est plus dans |’expression

que dans la pensée. Je l’ai signalé a l'auteur, qui s’expliquera mieux dans I’ Appendice.

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| Du reste, ce petit défaut est amplement compensé par un beau et long passage (Introd., p. 12 et 15) sur la supériorité des petits Etats d’Allemagne, gouvernés par des ecclésiastiques,

relativement a la paix, a une sage liberté, a l’égalité de droits et a l’épanouissement des beauxarts. Il y a bien des ennemis des légendes qui ont besoin d’apprendre ce fait d'histoire, et | qui, pour la méconnaitre ou la déguiser, se jettent dans des légendes déclamatoires de trés-

mauyais gout.

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IV’ REGLE. Style. On congoit qu’il doit varier avec les sujets et les situations. Mais, dans

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une légende chrétienne, il doit toujours étre simple et digne, sans trivialité et sans prétention.

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Or, le style de M. Dutron a ces qualités et n’a pas ces défauts. [ly a quelques mots de forme

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| plutot étrangere que frangaise, comme épiscope pour évéque; l’origine de ces mots est dans

| les mots grecs ou latms plutdt modifiés selon le francais que traduits en franeais, dans le but Do 3 | s 9

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peut-étre de donner au récit une certaine couleur d’antiquité.

En résumé, M. Dutron se montre, dans son texte, digne collaborateur pour la magnifique

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. publication de M. Kellerhoven; et chacun, en ce qui le concerne, en faisant connaitre au public . toute une école presque inconnue de l'art chrétien, rend un vrai service a la religion, et | donne l’espérance qu’en marchant toujours dans la méme yoie, il méritera de mieux en

mieux et de l’art et de I’Eglise.

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