‹ La Légende de Saint Ursule Princesse Britannique et de ses Onze Mille Vierges d’apres les Anciens Tableaux de l’ Église de Sainte-Ursule a Cologne Reproduits en Chromolithographie PubliéeChapitre 155 sur 179 · AUTEURS ANCIENS ET MODERNES QUI ONT ECRIT SUR SAINTE URSULE · texte numérisé non relu

AUTEURS ANCIENS ET MODERNES QUI ONT ECRIT SUR SAINTE URSULE

CROMBACH (H. R. P. pr 1a Compacnie pe Jésus).

Le travail le plus yolumineux, sinon le plus important, qui ait été publié sur sainte Ursule est celui du R. P. fH. Crombach, de la Compagnie de Jésus.

Les matériaux réunis de ce grand ouvrage, intitulé : Ursula vindicata, constituent deux volumes in-folio, édités pour la premiére fois 4 Cologne en 1647.

L’honneur de cette ¢tude, aussi vaste que curieuse, revient en grande partie au R. P. Bebius, jésuite colonais, qui vivait au commencement du dix-septiéme siécle. Ce savant érudit avait ramassé les piéces les plus importantes, lorsque l'incendie du collége de Cologne, en 1622, dévora le manuserit. A la mort de Bebius, en 1637, Grombach, son ami et son fils spirituel, prit en sous-ceuvre cette rude tache. Soutenu et puissamment aidé par les confreres de son ordre et par d’autres lumiéres de son époque, le R. P. jésuite put, en 1647, mettre la derniére main 4 l’ceuvre qu'il adressa comme une terrible réplique aux iconoclastes de Luther et de Calvin.

Cest au prince Ferdinand, archevéque et électeur de Cologne, que I'Ursula vindicata fut dédiée.

L'apparition de cet ouvrage, si impatiemment attendu, fut un événement pour le monde catholique et surtout pour I’électorat de Cologne.

En parcourant d’un regard rapide ces vastes volumes, l’esprit s’arréte comme effrayé en

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| face de tant d’érudition, de patientes recherches, de laborieux efforts pour ¢lever un monu-

| ment aussi grandiose 4 une sainte dont l'histoire profane prononce a peine le nom !

Mais illusion tombe bien vite, si la critique suit attentivement la marche de l’auteur. Encore une fois, pour vivre sous empire du charme, il faut lire, croire et fermer Voreille

| a Ja discussion. Cest ainsi que nous désirons qu'on agisse vis-a-vis de notre légende.

Mais ici notre réle change. En face de l'histoire nous serons juste, mais impartial.

L' Histoire de sainte Ursule, par le R. P. Crombach, forme, ainsi que nous l’avons dit plus haut, deux volumes, que les éditeurs ont réunis en un seul, Le premier tome se divise en douze livres, qui exposent les sources originales et primitives

dans lesquelles l’historien a puisé pour établir la vie de sa sainte.

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Le second tome embrasse quatre livres, dans lesquels le biographe étudie plus en détail

la vie d’'Ursule, le choix de ses vierges, le voyage de la légion, le martyre et les vertus de

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son héroine.

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Suivent quatre autres livres sur les honneurs que Dieu et les hommes ont rendus A sainte

| Ursule.

Enfin, dans un dernier livre, l'auteur corrobore l’exposé précédent en invoquant, en faveur de la sainte et de ses illustres compagnes, le témoignage de tous les siécles, depuis | l’époque du martyre jusqu’aux jours ott le pieux hagiographe écrit la vie de la sainte.

Ne connussions-nous ni la date, nile nom de lécrivain, que la symétrie de cette division,

la minutie de ces différents points nous eussent assigné le dix-septiéme siécle et nommeé le

confrére de Bourdaloue.

| Quelques mots sur les sources auxquelles a puisé le R. P. Crombach. On comprend qu’apres cela il sera plus facile de juger le reste de Vouvrage.

Un des plus anciens monuments de sainte Ursule est un sermon sur la féte des onze mille

| vierges. Crombach, qui ne possédait pas les ressources de la critique moderne, assigne a ce

manuscrit une date qui n’a pour elle que le mérite du prestige. Ce n’est pas au sixiéme siécle, mais bien entre 731 et 854 qu’il faut le reporter, ainsi que le fait judicieusement observer le R. P. V. Du Buck. (Acta sanctorum, oct. t. IX, p. 79.)

Si nous passons a la fameuse Passion, commengant par ces mots : Reynante Domino, nous

retrouvons les mémes erreurs. Crombach assure que le texte, tiré de vieux parchemins sans

nom d’auteur, texte édité et publié par Surius, pére chartreux qui mourut 4 Cologne en 1570, a été écrit au septiéme siecle par saint Cunibert, évéque de Cologne. L’habile critique que nous avons déja cité réfute péremptoirement son ex-confrere, et place entre le dixicme et le onziéme siécle l’original de ce manuserit. (Acta sanctorum, p. 80.)

Un autre document important de Crombach, sur lequel il s’est appuyé avec plus de foi que

de raison, est le récit des révélations d’Elisabeth de Schcenau. Cette vierge, que I’Kglise a

admise au nombre de ses saints, naquit en 1123, et entra, dés l’age de douze ans, dans le | monastére de l’ordre de Saint-Benoit, 4 Schcenau, diocese de Treves. C'est onze ans apres son

entrée en religion, c’est-a-dire vers 1152, que Dieu honora sa servante de visions célestes.

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