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On prétend qu’elle fit part de ses révélations 4 Egbert, son parent et abbe de ordre ou elle était religieuse. Ce moine, en fidéle imterpréte, copia textuellement les révélations d’Elisabeth, qui se conservérent religieusement dans le monastére. Elles furent communiquces a Crombach, par Gaspard Swan, alors abbé de Schcenau.
D’aprés le texte fantastique des révélations, non-seulement Elisabeth put jouir de la vue des martyrs, mais encore fit-elle connaitre le nom des vierges et des confesseurs, lhistoire propre a plusieurs d’entre eux, etc.
En face de la critique, non pas d’une critique précongue et déloyale, mais dune critique juste et sévére, digne de ces hautes questions religieuses, ces révélations ne peuvent préter qu'un cété pieusement romanesque a la légende.
Nous devons en dire autant des réyélations du B. Herman-Joseph de Steinfeld, chanione de ordre des Prémontrés, dont les cinquante-quatre chapitres des deux livres qui nous sont parvenus ne nous semblent que l’écho trés-aflaibli de la tradition.
Qu’on se garde bien de mal interpréter ici notre pensée. Autant nous écartons tout ce qui emprunte a ignorance ou a la crédulité l’éclat de la vérité et la puissance de l'histoire, autant nous respectons ces belles traditions qui nous arrivent 4 travers les siécles avec toute leur éloquente simplicité, dit leur naiveté ou leur étrangeté blesser notre raison, pourvu que ’Kglise les ait sanctionnées devant son tribunal auguste et irrévocable.
Suivent enfin, dans Crombach, une foule d’écrits plus ou moins purs, de monuments plus ou moins solides, qu'il serait trop long d’énumérer, et pour lesquels nous renvoyons le patient lecteur aux deux volumes de lhistorien.
On peut se faire maintenant une idée de l’histoire que le courageux jésuite a étayée sur des bases aussi mobiles,
Kt cependant c'est un des monuments les plus remarquables qui nous soient parvenus sur la sainte de Cologne avant l’apparition du tome IX doct. de | Acta sanctorum. C'est le seul que la plupart des biographes ont consulté, s’en rapportant ala bonne foi d’un auteur qui se présente hardiment avec tous les titres qui garantissent l'histoire.
En puisant nous-méme aux sources de l’historien, nous n’avons eu qu'un but, celui de nous conformer le plus possible aux traditions encore vivantes dans les contrées qu’Ursule et ses compagnes ont illustrées de leurs vertus et de leur sainte mort. Notre guide d’ailleurs écrivait trois siécles 4 peine aprés sainte Klisabeth, Aune époque qui possédait, toutes fraiches encore, les légendes sur la sainte. Nous avons done di nous laisser entrainer 4 travers toutes les données de cet age, quelque peu réelles qu’elles nous parussent, nous promettant bien toutefois, arrivé au terme de la légende, de rétablir le plus possible l’ordre et la vérite.
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ACTA SANCTORUM. — Sanera Ursuta, ocropris 7. 1x, par LE R. P. pu Buck.
Un attendait avec impatience la suite de l’Acta sanctorum, collection la plus riche et la plus intéressante qu'on puisse consulter pour l’histoire profane et religieuse des siécles passés. Cette immense publication, 4 laquelle tant de religieux, aussi savants que judicieux critiques, ont travaillé, s’était arrétée au sixiéme tome d’octobre. Heureusement pour nous que le tome IX parut en 1858, avec un travail important sur la sainte martyre de Cologne. L’auteur de ce Mémoire est encore un R. P. jésuite. Quelque intérét que ce religieux put avoir a glorifier louvre de son confrére du dix-septiéme siécle, le lecteur voit avec plaisir que la justice et limpartialité sont deux belles qualités chez le R. P. Du Buck. Nous dirons méme que nous eussions désiré chez l’auteur moderne plus d’égards pour celui qui a édifié avec tant de courage un si vaste monument a sainte Ursule; car, sachons-le bien, il est toujours plus aisé de critiquer que d’agir, de renverser que de construire.
Voici, en quelques lignes, le résumé du travail qui appartient au continuateur des Bollandistes :
Aprés avoir tracé a grands traits la vie de sainte Ursule, le R. P. Du Buck passe a l'examen de louvrage du P. Crombach et du mérite de auteur. Aprés avoir soumis a sa critique l’antique Sermon pour la féte des onze mille vierges, ainsi que la Passion Regnante Domino, il arrive aux révélations d’Elisabeth de Schcenau et de Herman de Steinfeld, les censures avec impartialité, démonte piece par piéce leurs assertions, et ruine ainsi les bases principales de ’Ursula vindicata. Réduisant a sa valeur |’autorité de Galfred de Monmouth, historien breton, qui, dans ses ouvrages publiés au douziéme siécle, a fait mention d’Ursule, le chroniqueur contemporain revise la date du martyre de sainte Ursule et de ses compagnes, et repousse dans le domaine de la fable le pape Cyriaque. Comme Galfred de Monmouth avait établi que sainte Ursule et ses compagnes avaient été martyrisées en 583, sous le tyran Maxime, on oppose a cette opinion la véritable histoire de l'arrivée de Maxime dans les Gaules, Vhistoire de l Armorique jusqu’a la fin du cinquiéme siécle, |’établissement des Bretons dans cette contrée. Le R. P. Du Buck démontre que les Huns furent les auteurs du massacre des vierges; et, suivant depuis sa source le torrent des barbares, il les accompagne a travers les Gaules, la Belgique, jusqu’a Cologne. La, il se demande si ce fut bien dans ces contrées que se passa le drame sanglant, scrute tour 4 tour la position politique de la vieille cité romaine, les moeurs sauvages des barbares, et reconnait la possibilité du massacre des vierges. Succédent les discussions sur la sépulture d’Ursule et de ses compagnes, sur les témoignages éclatants du ciel, sur le nombre des vierges, leur nationalité, leur voyage.
Enfin l’Acta sanctorum enregistre de nouveau le texte du Sermon sur la féte des vierges,
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