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Corvey, d'autres de Verdun et de Lire, un ancien missel de l’église de Saint-Pantaléon a Cologne, qui remonte a la premiére moitié du neuvieme siecle; encore un trés-ancien Missel qui se trouve 4 Freisingue, et plusieurs litanies des neuviéme, dixiéme et onziéme siécles, conservées dans la bibliothéque de Darmstadt, provenant de celle de la ville de Cologne. II est d’importance historique que ce soient les documents les plus reculés qui fixent le nombre des vierges 4 onze mille. Quelques calendriers des dixiéme et onzieme siécles citent tantot onze, tantot huit, tantot quatre, méme deux des principales vierges, en les désignant par leur nom, ou sumplement « saintes vierges » dont la mémoire est célébrée suivant les uns le 20, suivant les autres le 21 octobre.
« Le Lexicon ecclésiastique, par Aschbach, Mayence, 1850, vol. IV, p. 1102, donne ces notices d’une maniére encore plus précise et plus détaillée.
«Wandelbertus (de Prum) écrivit vers ’'an 850 un martyrologe trés-estimé; il s’exprime
ainsi en vers latins qui sont bien significatifs :
Tune numerosa simul Rheni per littora fulgent, Christo virgineis erecta trophea maniplis Agrippine urbi, quarum furor impius olim Millia mactavit ductricibus inelita sanctis.
« Ce fut alors que brillérent aux bords du Rhin de nombreux trophées érigés a Jésus-Christ « par des vierges combattantes, victimes d’une fureur impie. Cette insigne cohorte, guidée «par de saints modeles, a été jadis massacrée au nombre de milliers dans la Cologne « aggripine. »
« Des documents qui émanent des archevéques Hermann ' et Wichfried, des années 927 et 941 2, ne font pas seulement mention de onze mille vierges, mais aussi d'un couvent et d’une église dédiés aux saintes vierges, situés hors de l’enceinte de la ville.
« Siegebert, ‘qui florissait en l’'an 1111, porte le nombre des vierges 4 onze mille.
« Albert le Grand et la Sorbonne honoraient déja sainte Ursule. La Sorbonne méme, ainsi que les couvents des Ursulines, l’avait choisie pour patronne; un des plus anciens ouvrages écrits en langue allemande, le poéme d’Anno, fait aussi mention de l’histoire de sainte Ursule.
« Un document du roi Lothaire I, qui émane du neuvieme siecle, fait également mention du couvent. (Wiirdtw. Nov. subst. IV, 24.)
« On dit que lévéque saint Cunibert (626-668) a déja célébré le saint sacrifice dans l’église des saintes vierges, et que pendant l’office une colombe blanche, aprés s’étre placée, au plus grand étonnement du peuple et du clergé spectateurs, sur la téte de l’évéque, yola
par l’église et disparut ensuite pres de la tombe d'une des saintes vierges. Les peintures
' Crombach, p. 778. Fleien de Ursulano martyrio, p, 895. > Lacomblet, Nr., 88, 94 (922).
a fresque et autres tableaux que l'on voit encore dans l'église se rapportent a cet événement.
«Le nombre « d’onze mille » a été récemment bien des fois soumis A la critique, en soutenant que l’abréviation XIMV ne signifiait autre chose que : onze martyres vierges. D’autres étaient d’avis, que dans les calendriers primitifs ne s’étaient trouvés que : « Ursula et Undecimilla Virg. Mart. » Ces assertions manquent de toute base solide, Et le nombre de milliers n’est-il pas en harmonie avec I’énorme masse d’ossements humains qui reposent dans l’église? Qu’on veuille se donner la peine de bien regarder ces tombeaux, ces cercueils, ces armoires, ces reposoirs voutés, l’enceinte du chur a double mur, et l’on sera foreé d’ayouer que les premiers sont remplis, et que la derniére (dans une étendue de 80” sur 10’ de hauteur et de 2’ de largeur) est entassée de dépouilles humaines, parmi lesquelles se trouve le nombre considérable de 1,760 cranes, richement décorés, qui sont exposés a la vue et a la vénération des fidéles.
« La forme des blessures que nous voyons clairement a plusieurs cranes s’accorde complétement avec les instruments de martyre et les armes des premiers siécles de l’ére chrétienne.
« Il est encore & remarquer qu’une partie des reliques de sainte Ursule et de ses com-
vaynes, provenant de Cologne, a été dispersée par toute la chrétienté, surtout dans les 5 ) Ore? ’ 40° huit des chefs des onze mille vierges '. Celle de Bruges garde dans une chasse magnifique
Flandres. La seule église de labbaye de Baudeloo, a Gand, possédait dans ses reliquaires lavant-bras de sainte Ursule. ,
« On trouve dans la chambre d’or un document de l’an 942, qui fait une mention expresse de l’église des onze mille vierges. II est daté de la sixiéme année du régne d’Otton I", qui monta sur le tréne en 956.
« Wiabbé Gerlac de Deutz fit passer les dépouilles de la sainte vierge Verena a Elisabeth de Schoenau, vers l’an 1156 *. Ce fut a cette époque qu’on fit faire des fouilles ultérieures sur les liewx désignés comme place du martyre.
« Ces recherches paraissent avoir occasionné des fraudes, car les ouvriers trafiquaient avec des reliques. Il est bien a présumer que ces profanations ont provoqué le bref suivant :
« Bonifacius episcopus, servus servorum; ad perpetuam rei memoriam! Sincere devotionis affectus, quem dilecti magistri, consules et communitas civitatis Coloniensis ad Nos et Romanam Ecelesiam promerent, in votis eorum, illis presertim que ex devolionis fervore prodire conspicimus; quanto eum Deo possumus, favorabiliter annuanus. Hine etiam, quod nos dictorum magistrorum, civium consulum et communitatis hic in hac parte supplicationibus inelinati, nullus cujusque dignitatis, status, gradus, ordinis, conditionis extiterit, etiamsi Arckiepiscopali prefulgeat dignitate, reliquias sanctorum in ecclesiis re-
1 Sandarus, de Gandavensium rebus lib. wv. Bruxellis, 1627, p. 574.
* Crombach, Revel. Elisabeth, p. 725.
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