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conditas, vendere vel emere, seu alias quovis quanto colore, ab ipsa civitate alienare presumat sub excommunicationis pana, quam contrafacientes incurrere volumus ipso facto, et a quo ab aliquo alio, quam Romano pontifice, preterquam in mortis articulo absolvere nequierit. Authoritate Apostolica tenore presentium districtius inhibemus, decernentes ex nunc irritum esse et manere, si secus super his a quoquam quavis Authoritate scienter vel ignoranter contigerit attentari. Nulli ergo omnium hominum liceat hance paginam nostre inhibitionis infringere, vel ei animo temerario contraire. Si quis autem hoc attentare presumerit, indignatione Omnipotentis Dei et beatorum Petri et Pauli Apostolorum ejus se noverit incursurum. Datum Rome apud Sanctum Petrum, III Non. mens. Novembris, Pontificatus nostri anno quarto.
« Boniface, évéque, serviteur des serviteurs, en éternelle mémoire : les sinceres et dévotes affections que le magistrat bien chéri, les conseillers et la commune de la cité de Cologne ont témoigné a nous et a I’Eglise romaine, paraissant, tant par leurs vooux que par ceux des personnes que nous connaissons particuliérement, rejaillir d’une pieuse ferveur; lesquels nous accueillons avec bienveillance, et qu’a aide de Dieu nous sommes portés a favoriser autant que cela dépend de Nous, obviant done aux suppliques adressées a Nous par lesdites personnes du Magistrat, des conseillers et de la commune, demandant que nulle personne, de quelque dignité, état, degré, ordre et condition qu'elle soit, fut-elle méme inyestie de la dignité archiépiscopale, n’ose ni vendre, ni acheter, ou aliéner sous un prétexte quelconque, les reliques des saints conservées dans les églises de ladite cilé sous peine d’excommunication, laquelle peine Nous voulons tenir pour encourue aux contrevenants par le fait méme, et dont nulle autre personne hormis le Pontife de l’Eglise romaine, excepté a Varticle de la mort, ne pourrait absoudre; Ordonnons, en yertu de Notre autorité apostolique, par la teneur de ce bref plus précisément et arrétons, que dés ce moment, il soit ainsi ordonné et arrété, si quelque personne, de quelque autorité quelle fat, oserait ou sciemment ou insciemment porter atteinte 4 la présente ordonnance. Il n’est done permis a aucune personne d’enfreindre le décret promulgué par le présent bref ou de lui contrevenir témérairement. Quiconque aura osé commettre cet attentat sera accablé de l'indignation du Dieu tout-puissant et des saints Apdtres Pierre et Paul.
« Donné a Rome, aupres de Saint-Pierre, le troisiéme jour des nones de novembre, la quatrieme année de notre pontificat. »
« Ce bref se trouve 4 lentrée de la chambre d’or de église Sainte-Ursule; il ne résulte pas de la que l'on sache positivement duquel des papes Boniface il émane. En admettant que ce fut un des derniers de ce nom, il devrait étre rangé ou a la fin du quatorziéme ou a la fin du quinziéme siécle. Le bref avait pour but d’arréter les profanations, mais il prouve aussi la haute vénération que les Colonais portaient enyers leurs trésors sacrés, et la jalousie scrupuleuse avec laquelle ils tachaient de les garder.
« En reportant nos regards sur Vhistoire des saintes vierges, nous yoyons que les re-
cherches faites jusqu’a ce jour n’ont fourni aucun résultat qui puisse faire disparaitre le doute a l’égard de l'époque du martyre. L’opinion de ceux qui avangent que les vierges ont été massaerées par les Huns, par les ordres d’Attila, parait ne pas étre dénuée de fondement, car cette opinion s'est conservée par la tradition populaire; elle devient vraisemblable par la retraite des Huns apres la bataille de Chalons (451), par le caractére sauvage de ces barbares et par les efforts de l’évéque Lupus, qui, dans le but de porter protection aux habitants et particulizrement aux femmes, accompagna Attila jusqu’aux bords du Rhin. Cette vraisemblance est-encore appuyée par la denomination traditionnelle de la rue Hunnenriicken, ainsi que par le fait historique qu’a la susdite époque la Grande-Bretagne fut envahie par les Saxons; événement qui forga une grande partie de ses habitants, parmi lesyuels il y avait beaucoup de chrétiens, 4 chercher un asile sur le continent. L'assertion concernant le nombre de milliers semble devoir exclure toute controverse, car le plus ancien document dénonce clairement onze inille vierges, plusieurs autres documents des dixiéme et onziéme siécles portent le méme nombre.
« Wandelbert (850) les taxe a des milliers, et les dépouilles des saintes vierges ne sontelles pas la pour attester elles-mémes ce nombre? On objectera peut-étre : Ces dépouilles ne proviennent-elles pas d'autres mortels? Pourquoi pas d'un carnage étranyer a celui des vierges” N’y avait-il pas de cimetiére a proximité, d’ou ces dépouilles ont été transférces a léglise? Que ces sceptiques disent auparavant : Pourquoi l'histoire et la tradition n’en disentelles rien? Et n’y a-t-il pas beaucoup de nos contemporains qui savent que la chapelle de Maric-aux-Indulgences fut l’église paroissiale a laquelle l’église et Pabbaye de Sainte-Ursule fut incorporée, et que l’emplacement autour de la chapelle a servi, de temps immémorial, de lieu de sépulture 4 la commune. Alors méme qu il était dusage d’enterrer des personnes de distinction dans les églises mémes, pareille sépulture fut interdite a jamais dans l’église aux saintes vierges.
«Pabebroch a done bien raison de dire: « Ferreus sit qui tam antiquis fundamentis nixe Coloniensium traditioni fidem omnem negare sustinent. « Il faut que celui-la ait le «front dairain qui affirme que les vieux fondements sur lesquels la fameuse tradition colo- « naise est basée ne mérite aucune fol. »
Quant au massacre de toute cette légion, nous ne yoyons pas la nécessité ni la possipilité de l’admettre. Beaucoup de vierges, les plus jeunes et les plus belles, nombre de pontifes et de courageux athletes n'ont pu se ravir A la fureur des barbares; mais beaucoup aussi ont di échapper au carnage. On ne verse pas un sang aussi illustre et dans des circonstances aussi remarquables sans que l'histoire, méme profane, nenregistre de tels actes
de dévouement et d’atrocité.
(12) Consulter les Révélations de S. Flisabeth et du B. Herman de Steinfeld, 1183, dans VUr-
sula vindicata.
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