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M. Villemain, écrivain aussi dislingué que critique con-
sciencieux, arrive au méme résultat que nous dans son beau
travail sur le polythéisme.
« On ne peut lire les écrivains de ce temps, dil-il, et re-
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marquer leur langage, qui est lui-méme un trait historique
dans leur récit, sans voir avec élonnement cette reprise de la
superstition humaine aprés les ouvrages de Cicéron et de
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Lucréce. On ne trouve partout, dans histoire des Césars,
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que présages, prédictions astrologiques, événements mer-
veilleux, invocations magiques. Ce qui restait du culte ancien
était encore souillé par la corruption des meeurs publiques, et
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la déyotion n’était pas moins impie dans ses veux qu’absurde
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dans son objet. Ce n’est pas une rencontre frivole que |’ac-
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cord de plusieurs écrivains de cette époque, qui tous dénon-
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cent également les priéres impures que l’on faisait dans les
temples, les offrandes que l’on adressait aux dieux pour en I ]
obtenir des choses honteuses. — Ainsi le culte romain, dé-
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truit dans ce qu'il avait eu Jadis de patriotique, ne gardait plus
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que ce qu'il avait de corrupteur : religion immorale et merce-
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naire, impiété malfaisante, crédulité sans culte qui s’atlachait
4 mille impostures bizarres, étrangéres la patrie, confusion
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de toutes les religions et de tous les vices dans ce vaste chaos
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