Serv. ad Virgil., Georg., 1. v
C’est en se mêlant aux cavales oncéennes que Posidon rend Déméter mère du cheval Arion. *% Le même dieu produit en Thessalie, d’après un autre mythe, deux chevaux, Arion et Scyphius, *% qui rappellent les deux chevaux dont est accompagnée la figure du Zeus-Posidon de Gabala. *°7
Nous sommes autorisé à faire ces rapprochements, car des textes et des monuments positifs prouvent que la donnée génératrice des mythes que nous venons de citer, l’attribution du cheval au principe humide, ténébreux et infernal, appartenait à la religion chaldéo-assyrienne. C’est ainsi que le fragment 1 de Bérose, en décrivant les êtres monstrueux nés dans le chaos de la matière humide, d’après les peintures du temple de Be]
à Babylone, a rangé dans ce nombre les hippocentaures. ** Le cheval est l’animal que
combat le dieu lumineux et céleste sur deux monuments publiés par K. Rochette, un
sceau babylonien *°?
et une monnaie d’argent des rois Achéménides. ?° Sur la broderie du vêtement porté par un dieu dans un bas-relief assyrien, ” nous voyons un personnage divin muni de quatre ailes qui combat deux chevaux ailés, pareils au Pégase des Grecs, lequel appartient aussi dans son origine au principe humide, puisque son nom rappelle celui de la source, my? et que d’un coup de pied il fait jaillir la fontaine Hippocrène. ?? Les deux chevaux ailés rappellent d’ailleurs que sur le coffre de Cypsélus, où tous les types étaient encore marqués d’une si forte empreinte asiatique, on voyait les deux chevaux nés de Posidon, Arion et Scyphius, munis d'ailes. 3 Et nous les trouvons encore ainsi sur un vase peint de style ancien. *#
Faut-il aussi ne pas tenir compte de la ressemblance si frappante, signalée pour la première fois par Dupuis, * mais admise depuis par Creuzer 216 et par MM. Ch. Lenormant et de Witte, 7 que présente le nom de l'époux royal de Sémiramis, Ninus, reproduit dans son fils Ninyas, avec le mot qui, dans les langues sémitiques, désigne le poisson, 7, assyrien 2#nu ? Nous nous arrêtons avec d'autant plus de confiance à ce rapprochement qu’il est aujourd’hui certain que le dieu-poisson jouait un rôle important dans le culte spécial de Ninive, et que si le nom de cette ville, Ninua, paraît venir de la racine 1 par une de ces formations au moyen d’un à préfixe si multipliées dans la langue assyrienne, s’il signifiait donc simplement « demeure, » l’'allitération entre Nunua et nunu avait été faite de très-bonne heure par les Assyriens eux-mêmes. Nous en avons la preuve par le
nom idéographique de cette ville dans les textes cunéiformes, type archaïque NET, type