ACTE I
que termine à deux reprises ce cri passionné et éclatant: «Il vient! il vient!...» suivi de la plirase finale, comme une caresse émue : « Sèche tes pleurs..., souris ! »
Et Uta entraîne Hilda, toute troublée par l'idée d'une aussi audacieuse tentative , — car Gunther et ses compagnons approclient. Comme déjà plusieurs fois pendant le cliœur des femmes, on entend les appels du cor au dehors de la salle, et de plus, maintenant, la voix des guerriers acclamant le roi à son retour de la chasse. J'ai fait remarquer plus haut l'effet étrange et singulièrement poétique produit par la dissonance du cor lointain qui sonne en ut naturel (dans le ton de ré majeur) les quatre notes du motif de Gunther. Ici ce sont les cris du chœur qui produisent l'effet cherché. Voici ce passage caractéristique :
Ândante
Cors
Chœur
fÀ-r-. = =
Voilà le fier chasseur !
YoilàleroiGun-
iT^«5^__5-
ther!
L'entrée du roi et de sa suite est établie sur le motif de fête que nous avons vu tenir une place si importante dans l'ouverture ^ mais avec quelques additions heureuses ; puis le mouvement en est moins emporté {moderato) , car il faut bien justifier ces paroles du chœur : « Quand on court depuis le matin Les forêts^ les monts et la plaine, Il est doux de reprendre haleine, Assis auprès d'un gai festin î » Autour de Gunther, à sa table , sont les quatre ambassadeurs d'Attila, venus pour demander la main de Hilda, et qui, refusés par elle, vont repartir à l'aube. Le salle retentit de joyeux hurrahs, les coupes se vident à la ronde, et Gunther, se levant, boit avec ses guerriers au roi des Huns et à
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ceux qu'il a envoyés. Ce récit mesuré , plein de largeur et de fierté, est précédé d'une modulation très hardie et très originale (l'amenant du ton de fa dièze majeur à celui de fa naturel) qui vaut la peine d'être citée.
poco rit.
lar.,Viol. \^^^-t ass., Alt, liJ^^ii^'
'les,C.b3SS. — '^
La première phrase, «J'aime à voir assis à ma table », est appuyée par les trombones. Celle, « Emplissez ma coupe profonde », a de brillantes montées de flûtes et de clarinettes. Les cris de fête qui répondent au roi « Gloire à Gunther ! » sont toujours ce même motif de quatre notes que le cor apportait jusqu'à nous pendant la chasse royale : il se fond excellemment avec l'enscDible de l'harmonie. Mais voici un nouveau motif, lourd et sombre, celui de Hagen, qui en cet instant montre aux guerriers les armes préparées pour eux et suspendues en trophées aux murailles, et leur annonce une expédition nouvelle. Cette phrase rappelle pendant quelques mesures le dessin du premier
chœur des femmes, marqué par les trompettes et soutenu par le rythme des timbales : ce souvenir est très heureux et plein d'élégance. — Cependant chacun s'étonne et presse Hagen de questions. Le roi fait alors approcher un vieux chanteur, recueilli jadis comme il errait misérable dans les forêts voisines ^, et lui commande de répéter devant tous « le chant de Brunehild prisonnière d'Odin. » — «Il est une île sombre...» commence le barde, dans les notes profondes du registre de basse... «où le sol calciné Cache des lacs de feu sous des plaines de neige : Autour d'elle mugit l'océan déchaîné... » Une mélodie nerveuse et étrange, un accompagnement pittoresque font merveilleusement valoir cette description sauvage. «C'est l'Islande!» s'écrie Gunther. «C'est là que je veux... conquérir un trésor, un trésor sans prix !» — Et les guerriers enthousiasmés dès qu'il s'agit de quelque prouesse à accomplir, répondent tout d'une voix, fieramente, sur un motif énergique: «Le froid, le feu, la
1 Le passage (p. 75-76) de cette entrée du barde, a été supprimé aux représentations, parce que le rôle a toujours été chanté par Hagen, Cette simplification ôte un peu de cachet à cette scène, et l'air ne paraît guère ainsi s'accorder avec le caractère vulgaire du guerrier.
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nuit ni l'onde N'arrêtent les cœurs généreux. Nous te suivrons au bout du monde, Roi valeureux ! »
Tout cela, comme vous voyez, est paré d'une vive couleur, et donne un crayon suffisamment caractéristique de cette société vaillante et forte, ou du moins de l'idée que nous nous en pouvons faire. — Mais voici la harpe qui résonne : Le «barde aux cheveux blancs», commence sa légende héroïque. L'air (en si majeur) est original et plein de choses : il importe donc de s'arrêter un peu sur sa composition (sinon sur son texte, dont nous connaissons déjà tous les éléments), car il renferme plusieurs motifs intéressants de la partition. La première phrase musicale est d'un rythme très net , un peu dur et heurté, comme un récit rude et sans art de nos vieux conteurs. Elle est suivie par un petit motif de quatre mesures, des hautbois et des clarinettes, qui se retrouve plusieurs fois dans l'air et dans la partition quand il est question de la condamnation de la valkyrie -, puis de la gracieuse phrase « C'était Brunehild, la plus belle ! Les larmes de ses sœurs intercédant pour elle N'ont pu fléchir le dieu cruel...»; dont l'accompagnement est un dessin de harpes et de flûtes, et qui aboutit au motif déjà esquissé dans l'ouver-
ture : « La valkyrie est condamnée A subir notre destinée En entrant au lit d'un mortel. » — Cette phrase, dont le charme est dans une exquise simplicité et une parfaite distinction de style, est soutenue par les harpes et les violons en sourdine, avec les flûtes et les clarinettes suivant la voix. — Une invitation brillante à conquérir le château de feu, qui renferme la déesse, termine la première partie du récit du barde. Après une brève reprise du dernier chœur *, le poète reprend son chant et dépeint les difficultés sans nombre qu'aura à vaincre le guerrier « brave entre les braves » dont le bras hardi voudra délivrer Brunehild. La phrase si colorée «Des kobolds, des monstres terribles Gardent les bords inaccessibles Où l'on voit sa prison briller », laisse apercevoir un motif de hautbois que nous retrouverons (ainsi que les trémolos qui le précèdent) à l'endroit du drame où ces mêmes esprits feront leur apparition fantastique. Puis, comme la première fois, le chanteur invite ses auditeurs à tenter cette vaillante fortune : « Qu'un guerrier au cœur fier se lève !... » — «Je franchirai demain ton gouffre, ô mer profonde » , répond Gunther, et ses
^ Supprimée à l'Opéra.
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hommes lui renouvellent à F envi leurs protestations enthousiastes.
Le festin est terminé : on se hâte d' enlever les tables, et les chefs huns, Rucliger, Irnfrid, Hawart, Ramunc, s'approchent du roi pour lui faire leurs adieux. Une phrase solennelle et large des bassons et des violoncelles annonce leur discours et le suit. Dans un court quatuor sans accompagnement, plein de grâce et d'élégance, ils demandent à présenter une dernière fois à Hilda les vœux et les offres d'Attila. Tandis qu'on prévient la princesse, les violoncelles font entendre à plusieurs reprises, du milieu de l'orchestre, la phrase expressive de l'amour de Hilda pour Sigurd, et nous avertissent que jamais son cœur ne saurait donner accès à une autre pensée. A son entrée, tous s'inclinent: «Sahit, salut à la plus belle...» s'écrient-ils avec admiration en un chant doux et respectueux, accompagné pianissimo par les flûtes, les hautbois et les harpes. Rudiger parle le premier : il implore Hilda au nom du roi des Huns, il vante l'étendue de ses conquêtes. Irnfrid à son tour offre le diadème de l'empire d'Orient, Ramunc, les trésors dont Rome est pleine ; et tous quatre, insistant encore, exaltent la magnificence de l'heureuse épouse d'Attila.
Toutes ces phrases sont sonores, pleines de relief. Le motif de Hilda revient ensuite, pendant le geste silencieux de refus qu'elle ébauche • puis, après une phrase de regret et d'excuse à ses nobles hôtes, Gunther saisit de nouveau sa coupe et boit « au roi des Huns, à ses guerriers... » tandis qu'avec lui, comme au début, «les échos des salles hautes» retentissent des cris de gloire et de bienvenue du peuple Burgonde.
Tout à coup, au milieu de ces brillants éclats de fête, « le son belliqueux des trompettes Au pied des murs a retenti... » C'est le motif de Sigurd, et nous reconnaissons l'approche du héros fameux. On se récrie de tous côtés : « Quel homme est assez hardi Pour oser troubler nos fêtes ?» — Hagen va voir aux remparts, et dans une de ces phrases originales et nerveuses qui donnent tant de vie à ce rôle, il revient annoncer au roi qu'un guerrier inconnu, à l'air noble, à l'armure éclatante, se présente et demande audience. Gunther fait ranger ses hommes et monte sur son trône, plaçant à ses côtés sa sœur, qui était restée avec Uta, et que la nouvelle a frappée plus que personne. — Cependant l'harmonie de l'orchestre s'anime, s'accentue ^ les trompettes au dehors reten-
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tissent plus fréquentes et plus proches. Enfin Sigurd paraît, tout resplendissant sur le seuil que les rayons de la lune inondent de leur blanche lumière : il parle, et dès l'abord son discours nous le montre bien tel que Hilda Ta dépeint. Fier et calme, peu soucieux du danger, confiant dans sa force et dédaigneux d'une vaine prudence, il salue Gunther et vante sa puissance, mais pour le défier et se déclarer son rival dans la périlleuse expédition projetée, dans la délivrance de la valkjrie captive au sein des flammes. Ce chant noble et plein d'éclat est une des belles pages de la partition et produit un grand effet. C'est comme d'habitude un récit mesuré, très simple de lignes, avec un accompagnement caractéristique de cors et de violoncelles auxquels se joignent les flûtes et les harpes dans les dernières mesures.
— Les guerriers peuvent à peine contenir leur fougueuse indignation : « Il faut châtier tant d'audace ! » s'écrient-ils*, et Gunther à son tour, d'une voix lente et hautaine : « Qui donc es-tu, toi qui m'oses braver Avec ces paroles hardies ?
— Sigurd arrête cet élan par une phrase non moins brillante que la première : « 0 nobles guerriers, votre épée D'un sang plus pur ne peut être trempée. Si vous voulez savoir ma
patrie et mon nom... Je suis Sigurd, fils du roi Sigemon ! » Et les trompettes répètent au loin dans leur fanfare sonore ce nom illustre entre tous. — A ces mots, tout s'est tu, car chacun contemple en silence le héros redouté, « Sigurd au bras toujours victorieux, Sigurd brillant de la beauté des dieux, Sigurd qui va, calme et terrible. Moissonnant comme des épis Les chefs courageux et hardis... » Ce sont là les pensées que chacun, comme sortant d'un songe, exprime de son côté à l'aspect du guerrier divin : pensées de crainte pour les uns, d'admiration pour les autres, pensées « d'amour et d'effroi » pour Hilda qui se soutient à peine et « sent défaillir ses esprits » : Dans cet ensemble (en ré mineur) si plein de caractère, si merveilleusement construit, que domine partout la passion brûlante de Hilda, les différentes voix se croisent d'abord et se répondent sans s'unir, pour se lier enfin au dernier moment, se ramasser si je puis dire comme un faisceau éclatant dont l'effet est absolument magnifique.
Tout ce qui suit, du reste, est à la hauteur de cette inspiration élevée. L'air de Gunther, noble et généreux, montre à plein ces qualités de solidité et de netteté qui sont parmi les plus précieuses du musicien : Ainsi le dessin continu
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des instruments à cordes, bien formé, bien marqué, sans précipitation ni éclat déplacé, d'une ligne d'ailleurs intéressante et neuve, forme à la mélodie, grave, pleine de caractère, un fond aussi harmonieux qu'heureusement approprié. Il n'est rien de tel que les moyens simples pour produire les effets vraiment grands. — « 0 fils de Sigemon » dit Gunther en s'inclinant devant le héros franc, « Sigurd, chef plein de gloire. Je n'ai jamais connu la feinte ni la peur. Mais ton nom est vivant au fond de ma mémoire Et je veux sans combat te proclamer vainqueur ! » Il lui rappelle le secours inattendu qu'il a reçu de lui jadis, au jour de détresse où son héritage, où sa sœur avaient été arrachés de ses mains par l'ennemi avide. Que Sigurd prenne place à ce trône qu'il a sauvé de la honte et de la ruine : qu'un serment loyal l'unisse à son frère et le fixe auprès de lui. — « Je le veux, je le veux» s'écrie Sigurd à l'instant «jurons-nous une amitié sincère! » — «Jurez! » répond de son côté la foule •, et la main dans la main, les deux rois attestent les dieux, les dieux vengeurs du parjure, de la foi qu'ils s'engagent l'un à l'autre. Rien n'est moins classique que ce duo, ou plutôt rien ne sort plus complètement du moule ordinairement affecté à ces ensembles
de deux voix unies à la tierce sur les mêmes paroles. On peut même trouver le dessin des parties étrange et quelque peu sauvage, et je sais qu'on a parfois peine à l'apprécier dès l'abord : il est pourtant bien en situation dans la bouche de ces guen-iers à l'humeur outrée et primesautière, et produit d'ensemble, appuyé par un accompagnement nourri et énergique, un effet d'un rare éclat et d'une incontestable vérité. — «L'entrée de Sigurd», dit très justement M. Victor AVilder, résumant toute cette partie, « est d'un caractère vraiment héroïque, rappelant les accents chevaleresques d'Euryanthe et de Lohengrin. La phrase de Sigurd est d'un grand souffle et d'une déclamation puissante, la réponse de Gunther n'a pas moins de grandeur, et le serment de fraternelle amitié qu'échangent les deux princes couronne magnifiquement une scène digne de l'auteur d'Armide et d'Iphigénie i ».
L'alliance conclue, c'est le moment choisi par Uta pour l'essai suprême des charmes qu'elle a composés et qui doivent gagner à Hilda le cœur indompté de Sigurd. La princesse s'avance gracieuse, et présente au héros une coupe pleine :
1 Ménestrel. 13 janvier 1884.
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« Celle à qui tu sauvas et l'honneur et la vie. . . vient de ses mains t'offrir cette liqueur ...» Et le chœur répète après elle: «Scellez la coupe en main le serment qui vous lie ! » L'hydromel est versé à tous à la ronde : « Il faut boire à notre hôte aimé », s'est écrié Grunther, et tous deux répètent leurs serments, auxquels les guerriers mêlent cette fois leurs voix joyeuses ^ — Qui soupçonnerait en effet la trahison dont cette alliance si loyale porte déjà le germe \ ou qui pourrait lire sur le visage attentif et anxieux des deux femmes celle qu'elle viennent d'accomplir à l'insu de tous ? L'orchestre du moins prend soin de la dévoiler : il souligne en traits de feu, à l'aide du motif étrange qui le caractérise et que nous avons appris à connaître plus haut, ce philtre subtil, mystérieusement préparé par Uta, et dont elle a dévoilé la puissance à sa fille interdite. L'action même de la sorcière sur l'esprit de Hilda est également indiquée, mais légèrement, par trois ou quatre esquisses du motif spécial attaché à son personnage.
Cependant les envoyés huns prennent congé,
1 Cette reprise a été supprimée à l'opéra, à cause de la reprise prochaine, qui est identique.
etleur chef Rudiger, s'approchant delà princesse, lui remet un bracelet précieux, comme gage de l'amour d'Attila et de l'appui qu'elle sera en droit, s'il le reçoit d'elle quelque jour, de réclamer à son bras dévoué. L'orchestre, soulignant ici un fait qui passerait peut-être inaperçu, et éclairant pour ainsi parler notre esprit d'un pressentiment prophétique, ramène aussitôt le motif original de l'ouverture, je veux dire celui qui montre la puissance d'Attila grondant comme un ouragan de fer vers ces peuples où la vengeance l'appellera un jour. — Mais le philtre a agi, le charme fatal s'appesantit sur l'esprit de Sigurd et enflamme son cœur surpris d'un amour nouveau et poignant. Ses jeux arrêtés sur Hilda se sont fermés comme éblouis. «Ma raison chancelle et s'égare. . . » s'éci'ie-t-il -, « Je vois tant d'attraits, tant de grâce touchante, Pour la première fois ! ... » Pour peindre cette scène, nœud mystérieux et voilé du drame, le musicien a été chercher ce qu'il pouvait inventer de plus suave et de plus poétiquement simple : l'ensemble, phrase du chanteur et mélodie de l'orchestre, (indissolubles l'une de l'autre) est d'un charme exquis, d'une délicatesse extrême. Du reste nous en connaissons le motif, pour l'avoir entendu dans l'ouverture, mais par d'autres instrumen'.s.
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Ici les deux flûtes dessinent la mélodie, appuyées bientôt parles violons en sourdine, puis les cors; une broderie des harpes trace comme un réseau délié et brillant au fond de cette gracieuse apparition.
C'en est fait, Sigurd ne voit plus que Hilda, n'a d'autre but que de l'obtenir et de posséder son amour ; déjà son plan est fait. Partons ensemble, lui dit Gunther, et disputonsnous loyalement la conquête de la valkyrie. Soit répond Sigurd, mais au retour tu accorderas à mon aide la récompense que je réclamerai. «J'en fais serment d'un cœur sincère..!» s'écrie Gunther. « Pour conquérir Brunehild la guerrière, nous partirons demain. » — Ce court passage mérite qu'on le remarque, en ce qu'il contient la première esquisse de deux motifs intéressants et originaux, que nous n'avons pas encore vu apparaître. Le premier, dessiné à trois reprises, pianissimo, par un basson solo, pendant que Sigurd prévoit le succès qu'il remportera et se ménage sa récompense future, est cette montée de huit notes sur l'accord, que le musicien répétera si souvent désormais, en la variant de vingt façons, et qui est chargée de caractériser la victoire de Sigurd et la délivrance de la valkyrie. Le second, plein de fierté martiale,
d'un rythme vif et bien marqué, indique l'expédition même de Gunther et de Sigurd à l'assaut du palais de feu : nous le retrouverons dans l'acte suivant à l'arrivée des guerriers aux rives de l'Islande. Ici, il accompagne la phrase du roi que je viens de citer, et qui donne encore occasion aux deux chefs de répéter leurs serments d'alliance, scellés par le témoignage de la foule enthousiaste. — Sur cet ensemble large et brillant se termine le premier acte du drame: cette exposition d'un intérêt assurément exceptionnel est si pleine de choses et d'idées, si complexe, qu'il est indispensable de la suivre de très près si l'on veut ne rien laisser après soi dans l'étude des parties suivantes... Ce sera peut-être mon excuse pour l'avoir si longuement analysée ici.