‹ La légende de Sigurd dans l'Edda, l'opéra d'E. ReyerChapitre 18 sur 24 · REYER. — ACTE III · texte numérisé non relu

REYER. — ACTE III

loin encore, jouée principalement par les flûtes et accompagnée par des arpèges de harpes. — Hilda salue à son tour la reine, avec les femmes, en un gracieux ensemble à quatre voix : « Recevez, ô reine charmante. Cette quenouille et ces fuseaux, Emblèmes des obscurs travaux Chers à l'épouse diligente. » — Enfin, les laboureurs apportent une gerbe parée de fleurs : « Nous vous offrons le blé semé par notre main. Emblème des biens véritables... », phrase large et élevée, pleine de noblesse. — Après quoi tout le peuple, de groupes en groupes, s'écrie avec enthousiasme : « Bonheur et longs jours à la reine... gloire à Gimther!... » toujours sur un mouvement rapide, très brillant, vigoureusement marqué par les basses. Toute cette scène, ces ensembles, ont vraiment un caractère et une saveur vivifiante de poésie primitive, d'un effet aussi neuf que sincère.

Pour fêter dignement sa nouvelle épouse, Gunther prétend encore déployer à ses yeux l'habileté et l'aspect martial de ses hommes. Quel spectacle plus noble aux yeux de la valkyrie qu'une brillante passe d'armes? C'est Hagen qui proclame la volonté royale, dans une belle phrase, dont l'originalité un peu âpre mérite qu'on la cite tout entière :

Page 1