M LA LÉGENDE DE SIGURD
penses, Gudrûn se réconciliera avec toi. Chez le roi (Alf) cette femme sage songera tristement à son époux mort, mais une fille naîtra de la mère : Svanhild sera plus brillante et plus pure que le jour serein, que les rayons du soleil. — Alors tu donneras à Gudrûn un héros pour mari, un homme dont les traits seront une cause de malheurs pour une foule de guerriers. Elle ne sera pas mariée joyeusement et de son plein gré : c'est mon frère Atli, le lils deBudli, qui la possédera. — Pour toi, tu désireras pour femme Oddrûn (sa sœur), mais Atli ne te la laissera pas posséder, et vous vous livrerez alors en secret l'un à l'autre : car elle t'aimera comme je l'aurais dû, moi, si une aussi douce destinée eût été notre partage. — Ce bonheur, Atli te le fera payer cruellement : tu seras entraîné dans l'étroite fosse aux serpents. — Ensuite il ne se passera pas longtemps avant qu'Atli rende aussi l'esprit ; sa vie lui échappera, avec son bonheur : car Gudrûn, que sa douleur aura rendue furieuse, le percera sur son lit avec l'acier effilé. — Il serait plus convenable que notre sœur suivît maintenant son premier époux sur le bûcher, si du moins les dieux lui donnaient un pareil conseil, ou si son esprit ressemblait au mien. — Je dis cela en l'air.
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car ce n'est pas par ma faute qu'elle doit quitter la vie. De hautes vagues la porteront sur les rivages abrupts du patrimoine de Jonakur. Elle fera naître le trouble dans l'esprit de ses fils, les fils de Jonakur, — quand elle enverra elle-même sa fille, la fille de Sigurd, Svanhild, hors du pays : les artifices de Bikki entraîneront celle-ci à sa perte, car Jormunrek vit pour son malheur. Ainsi toute la race de Sigurd sera anéantie, et d'autant plus grande en deviendra la douleur de Gudrûn.
« Je vais encore t'adresser une prière : ce sera ma dernière dans ce monde. Elève dans les champs un haut bûcher, assez vaste pour que nous y puissions prendre place, nous tous qui allons à la mort avec Sigurd. — Entoure le bûcher de tentes, de boucliers, de riches draperies funèbres, avec un cortège choisi que tu feras brûler avec moi. Mais place-moi à côté du héros germain. — Brûle autour du héros, à ses côtés, mes serviteurs parés de chaînes précieuses : deux à sa tête, avec deux faucons [et deux à ses pieds avec deux chiens] : alors tout se trouvera également réparti. — Entre nous, place l'acier tranchant, la glorieuse épée ciselée d'or, comme elle nous sépara jadis lorsque nous montâmes tous deux dans le même lit et que
nous fumes époux de nom. — Ainsi les portes resplendissantes d'or du palais des dieux ne tomberont pas sur les talons d-u prince quand ma suite raccompagnera. Car notre voyage ne se fera pas d'une façon misérable : — derrière le héros viendront cinq de mes femmes et huit de mes serviteurs de noble race, tous gens de mon pays natal, qui ont grandi avec moi, et que Budli a donnés à sa fille (à sa naissance). — J'ai beaucoup parlé; j'en pourrais dire encore davantage, si le destin m'en accordait encore le temps... Ma voix s'éteint... Ma blessure enfle... J'ai dit la vérité... Tout arrivera comme je l'ai dit 1. »
Ainsi meurt, calme et comme triomphante, la fière valkyrie sur qui la fatalité a pesé, comme elle le dit, toute sa vie. Elle va retrouver dans le Walhall celui qui lui avait été destiné par les décrets célestes, tandis que sa rivale, punie pour la ruse qui lui a acquis l'amour et la foi de Sigurd, va traîner de couche en couche jusqu'à la vieillesse une vie traversée de larmes toujours nouvelles et d'âpres souvenirs. — Si j'ai cité presque en son entier le chant de la mort de Brjnhild, c'est qu'il donne comme un
1 Edda : Le S-^e chant de Siejurd.
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résumé obscur de toute la fin de la légende : fin de la race de Sigurd^ fin des Niflungs, fin des aventures du trésor d'Andvari. Je glisserai rapidement sur ces derniers épisodes, qui dépassent les limites de mon sujet, mais qui sont encore pleines de beautés et dont l'intérêt est trop grand pour que je néglige de les signaler au moins à l'attention du lecteur.
Sigurd mort, Gunnar et Hœgni s'emparent immédiatement de l'or conquis sur Fafnir, tandis que Gudrûn s'enfuit chez le roi de Danemark, où elle passe sept ans auprès de la princesse Thora, fille de Hakon. Mais Grimhild, sa mère, s'inquiète de sa douleur, cherche à l'apaiser par des trésors et des domaines *, elle y réussit surtout au moyen d'un breuvage magique, composé d'une foule d'ingrédients propres à engourdir la haine dans le cœur. Puis elle la persuade, malgré sa résistance, malgré ses prédictions sinistres, d'épouser le grand roi des Huns, Atli, ce qui confirme la parole de Brynhild mourante. Pourtant les premières années se passent sans conflit. Gudrûn met au monde deux fils^ mais elle n'est pas heureuse, et sa seule satisfaction est dans ses entretiens avec le noble prince Tjodrek et la confidence réciproque de leurs infortunes. Tjodrek avait
perdu tous ses guerriers et vivait à la cour d'Atli comme un fugitif en exil. Une belle page de FEdda montre la justification, par l'épreuve de l'eau bouillante, de Gudrûn faussement accusée d'avoir eu commerce avec le héros Gotli i. — Or Atli avait encore une sœur, Oddrûn, qui s'éprit de Gunnar. Ils se virent souvent et eurent commerce ensemble, malgré le refus formel que le roi des Huns avait opposé à leur union. Brjnhild l'avait aussi prédit à Gunnar. Atli dissimule longtemps sa colère, mais enfin le trésor fameux des Niflungs excitant aussi son envie, il envoie un jour des ambassadeurs pour inviter Gunnar et Hœgni à un grand festin et leur promettre de riches présents d'or et de terres. Les deux rois hésitent : Gudrûn leur a fait parvenir secrètement des présents symboliques, les avertissant du piège tendu sous leurs pas. Leurs femmes font aussi des songes sinistres; qu'ontils d'ailleurs besoin d'or et de terres nouvelles, eux si riches et si puissants? Mais la fatalité n'abandonne pas les possesseurs du trésor maudit et triomphe de toutes les résistances : elle les pousse sans pitié à leur perte. A peine arrivés sur les terres de Budli, ils voient claire-
1 Edcla : Le S'^ie chant de Gudrûn.
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ment^ mais trop tard, toute la trahison. Gudrûn les attend à la porte du palais, désolée, mais prompte à les défendre contre tous. C'est un des épisodes les plus héroïques de l'Edda : la bataille est sanglante et longue, et le nombre des assaillants peut seul avoir raison des deux vaillants. Hœgni se met à rire quand on lui arrache le cœur de la poitrine, et Gunnar charme longtemps avec sa harpe les serpents entassés dans la fosse où on l'a jeté. « Ainsi finit la race de Xifl 1. »
Quand au trésor il est perdu à tout jamais : Atli se voit trompé dans son espoir et joué par ceux qu'il a aussi lâchement trahis. Lorsqu'il réclame cet or à Grunnar, comme rançon, celuici demande qu'on lui apporte d'abord le cœur de Hœgni ; puis il s'écrie plein de joie :
«Je reconnais le cœur de Hœgni le vaillant... Il tremble peu sur le plat ; il tremblait moins encore quand il était dans la poitrine du héros.
— Puisses-tu, Atli, disparaître aussi loin des yeux des hommes que tu l'es maintenant de cet or! Seul je sais, depuis que Hœgni n'est plus, l'endroit où est caché le trésor des Kiflungs.
— Tant que nous étions encore deux en vie ,
1 Edda: La saga d'AtU; — le chant d'Atli.
j'avais de l'inquiétude : je n'en ai plus maintenant que je suis seul. C'est le Ehin qui sera maître de cet or meurtrier des hommes : il connaît bien cet héritage des Niflungs, déjà possédé par les Ases. — Les rouges anneaux d'or brilleront mieux dans les ondes bouillonnantes du fleuve qu'ici aux mains des fils des Hunsî^»
La vengeance de Gudrûn est digne des plus effroyables légendes de la Grèce primitive. Cette reine indomptable prépare d'un air riant un grand festin pour célébrer la victoire d'Atli, et lui sert comme rôti les cœurs des deux fils qu'elle a eus de lui, tandis qu'il boit l'hydromel et la bière dans leurs crânes montés en coupe. Puis , quand l'ivresse et la fatigue ont assoupi tous les guerriers, elle prend avec elle un fils de Hœgni qui a survécu aux siens et lui fait assassiner le roi. Les dernières paroles d'Atli, ses reproches, inquiètent peu l'épouse perfide, dont l'âme sauvage ne s'apaise qu'aux lueurs de Tincendie dont elle consume le palais. — Mais toutes ces horreurs n'empêchent pas le poète de s'écrier en terminant son chant :
« Heureux appelle-t-on , depuis ce temps , celui qui engendre une fille hardie comme celle
1 Edda: La sagra d'Atli.
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de Gjuki. — Elle vivra toujours dans tous les pays, partout où des hommes pourront l'entendre elle sera redite , la haine de ces deux époux 1. »
Les dernières aventures de Gudrûn ne sont guère marquées que par la gracieuse figure de Svanhild^ la fille qu'elle avait eue de Sigurd après la mort du héros : « Svanhild paraissait dans les salles comme un rayon de soleil qui réchauffe l'âme ^. » Gudrûn a cherché en vain la mort dans les flots ; le courant l'emporte dans le pays du roi Jonakur, qui la prend pour femme et dont elle a trois fils. Svanhild a été mariée au roi Goth Jormunrek, mais un traître, Bikki, a excité le fils du roi à l'enlever pour lui-même, et Jormunrek a fait fouler sa jeune épouse aux pieds des chevaux. Gudrûn excite ses fils à la vengeance, mais ils succombent dans la lutte et la vieille reine demeure seule de sa race sans pouvoir mourir.
Je ne veux pas quitter encore cette mâle figure, sans citer deux passages des chants, — un peu en dehors de l'action épique mais particulièrement remarquables — , que le poète
1 Edda : Le chant d'Atli.
■^ Edda: Le chant provocateur de Gudrûn.
Scandinave a consacrés à peindre la douleur de Gudrûn après la mort de Sigurd : aussi bien ceci nous ramènera-t-il au héros qui est l'objet unique du présent travail. — Le morceau suivant est tiré du récit que Grudrûn fit au roi Tjodrek chez Atli : on v constate une variante sur le lieu du meurtre de Sigurd, celle qu'a suivie le Nibelunge-Nôt, qui fait tuer le prince dans une chasse et non pendant son sommeil. « Sigurd était si grand chez les fils de Gjuki î (dit Gudrûn). — Comme l'ail altier s'élève au milieu de l'herbe, comme le cerf aux jambes hautes dépasse les animaux de la forêt, comme l'or rouge éclatant rayonne sur l'argent gris ! — Cela fut ainsi jusqu'au jour où mes frères m'envièrent l'époux que j'avais, le plus illustre de tous les hommes : ils ne purent plus dormir ni juger ou apaiser les contestations , avant d'avoir tué Sigurd. — Lorsque Grani , de retour au palais, fit résonner ses pas sonores, Sigurd ne rentrait pas en personne avec lui. Tous les chevaux se précipitaient en tumulte , les flancs rougis par l'éperon, et couverts de sueur par la course rapide des meurtriers. — : Accablée, j'allai parler à Grani, j'interrogeai le cheval, les joues tout humides de pleurs,; il baissa sa tête jusqu'à terre. Ce noble animal
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savait bien que son maître n'était plus. — Longtemps je cloutai, longtemps j'hésitai amèrement, avant d'interroger le prince au sujet de mon roi. — Grunnar baissa la tête, mais Hœgni me dit l'assassinat de mon Sigurd : «De l'autre côté du fleuve il est tombé, après avoir tué Guttorm, pour le festin des loups. Là-bas , vers le Sud , tu trouveras Sigurd : écoute au loin, joyeux de leur pâture, les croassements des corbeaux , les cris des aigles , les hurlements des loups assemblés autour du cadavre de ton époux! » — «Hœgni, comment peux-tu m' annoncer à moi une telle affliction qui brise tout mon bonheur? Que les corbeaux t'arrachent le cœur et le déchirent plus loin d'ici que tu ne connais de monde !» — Et Hœgni répondit, se laissant aller un moment, de sa douleur pour sa sœur, à une irritation amère : «Gudrûn, ce sera pour toi une plus grande douleur encore, si les corbeaux m'arrachent le cœur. » — Alors je quittai l'entretien pour courir seule à la recherche des débris du festin des loups; et je ne sanglotai pas, et je ne frappai pas des mains, et je ne gémis pas comme toutes les femmes , quand je me fus assise , anéantie, auprès de Sigurd ! — Mais la nuit me parut sombre comme une nuit de nouvelle lune.
pendant que je veillai le corps de Sigurd. Bienvenus eussent été les loups s'ils m'aA^aient ôté la vie, bienvenu l'incendie qui m'eût dévorée comme un bois de bouleau !... ^ »
Un fragment d'un autre chant ajoute encore quelques beaux vers au récit de cet épisode : « Quand Sigurd fut tombé , au sud du Rhin, du haut d'un arbre un corbeau cria d'une voix rauque : « Atli rougira son glaive dans votre sang. Assassins, vos serments vous tueront ! -»
Voici enfin le début d'un chant plein d'une héroïque beauté, qu'on pourrait intituler «les larmes de Gudrûn» et par lequel je terminerai ce long chapitre.
«Il arriva un jour que Gudrûn désirait mourir: c'est lorsqu'elle était assise, accablée, auprès du corps de Sigurd. Elle ne sanglotait pas, elle ne frappait pas des mains, elle ne gémissait pas comme font les autres femmes. — De nobles guerriers, les chefs du palais, vinrent à elle pour l'exhorter à adoucir son pesant chagrin : elle était si comblée de douleur qu'on eût dit qu'elle allait se briser, mais pleurer lui était impossible. — Devant Gudrûn
^ Edda : Le 2"^^ cliant de Gudrûn.
2 Edda : Fragments d'un chant sur Brynhild.
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étaient assises, parées d'or, les nobles et gracieuses femmes des chefs, et chacune parlait de sa propre douleur, de la plus triste de celles qu'elle avait eu à supporter. — Gjaflœg, la sœur de Gjuki, parla ainsi : «C'est moi que je considère comme la plus privée de joie qui soit sur la terre ! J'ai perdu cinq maris, deux de mes filles , trois de mes sœurs et huit frères : seule je reste aujourd'hui. » — Mais Gudrûn ne pouvait pleurer, tant la mort de son époux l'oppressait de douleur, tant elle demeurait stupide devant le cadavre de celui qu'elle aimait. — Alors Herborg, la reine germaine, dit: «J'ai à gémir de plus rudes souffrances encore ! Sept fils avec leur père m'ont été enlevés dans le Sud, par la bataille. — Mon père, ma mère, quatre de mes frères, le vent s'en est fait un jouet sur les vagues : les lames ont brisé les bordages du vaisseau. — Personne n'enveloppa ni ne décora leurs corps , et seule je dus préparer leur dernier voyage. Tout cela je l'ai subi en une saison, et nul ne m'apporta de consolation. — Après, avant la fin de cette môme année, je tombai prisonnière de guerre dans des chaînes ennemies, et je dus chaque matin revêtir de ses parures et chausser la femme du chef. — Elle me persécutait fort de
ses menaces, par jalousie, et souvent me frappait de rudes coups. Jamais je n'ai trouvé maître plus bienveillant, jamais maîtresse plus méchante ! » — Mais Gudrûn ne pouvait pleurer, tant la mort de son époux l'oppressait de douleur , tant elle demeurait stupide devant le cadavre de celui qu'elle aimait. »
Gullrœnd, la fille de Gjuki, dit alors : «Mère adoptive, malgré ton expérience, tu ne sais guère avec des paroles soulager la douleur d'une jeune épouse. » — Elle voulut que le cadavre fût à découvert, et rejetant au loin le voile qui couvrait Sigurd, elle appuya les joues du héros sur les genoux de sa femme : «Kegarde ici ton bien-aimé ! Pose ta bouche sur ses lèvres et entoure son cou, comme lorsqu'il vivait, le roi ! » — Gudrûn ne jeta qu'un regard sur Sigurd : mais elle vit les cheveux du prince ruisselants de sang, les yeux étincelants du héros éteints, la poitrine du chef transpercée par le glaive. — Alors elle tomba en arrière sur les coussins, la reine, le bandeau de ses cheveux se détacha, ses joues devinrent rouges, une bouffée de pluie ruissela sur ses genoux, — et elle pleura, Gudrûn, la fille de Gjuki ; ses larmes, qui résistaient, ruisselèrent avec violence. De leurs cris les oies lui répondirent
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dans la cour, ces oiseaux magnifiques qu'elle nourrissait. — Et Gullrœnd, la fille de Gjuki, s'écria: «Je vois dans le lien qui vous unissait le plus grand amour qui soit sur terre parmi les hommes ; nulle part, sœur, au dedans ni au dehors, tu n'as pu trouver ton bonheur ailleurs qu'auprès de Sigurd. »
Alors Gudrûn, la fille de Gjuki, parla : «Comme l'ail altier s'élève bien haut au-dessus de l'herbe, comme une pierre resplendissante fixée sur un diadème, un diamant précieux brille au-dessus des rois, aussi grand était mon Sigurd au milieu des fils de Gjuki ! — Et moi aussi les guerriers du héros me prisaient plus haut que les Dises d'Hérian (les valkyries d'Odin) ; maintenant je gis auprès du cadavre de mon prince, comme une feuille arrachée par la tempête et jetée misérablement. — Il me manque à ma table, il me manque dans ma couche, le doux compagnon à qui j'étais unie. Voilà l'œuvre des fils de Gjuki : ce sont eux qui m'ont fait cette horrible soufirance, eux qui ont doté leur sœur d'une douleur si amère !..i»
1 Edda : Le i^r chant de Gudrûn.