‹ La légende des ateliersChapitre 2 sur 11 · NATURE · texte numérisé non relu

NATURE

moment liées, si inhérentes, . pourrait-on dire, a tout leur être, méprisant ou négligeant tout contact avec elles. Gravir un monument ou une montagne, traverser une mer, un fleuve, rencontrer Un site quelconque dont la vue proche ou lointaine, dont le nom seulement préoccupent déjà souvent votre esprit, n’est-ce pas une manière d’atteindre et de s’assimiler ici-bas une sorte d’infini, d’idéal, relatif?

A pied, Musa pedestris, c’est ainsi qu’il sied d’aborder et de visiter les lieux saints de la Nature, au milieu desquels un touriste trop confortablement équipé et pourvu me paraît déjà aussi peu héroïque et surtout aussi inconvenant qu’un général qui passerait une revue en socques et avec parapluie.

Comment s’expliquer le peu d’émotion éprouvé par la plupart des personnes à une première vue de la mer? sinon que la chose quelconque imaginée nuit d’abord à la chose réelle, d’une beauté si différente et incomprise jusqu’à ce qu’elle ait succédé à celle dont on était absorbé. Ne nous formons-nous pas toujours, et absolument indépendante souvent des notions qui ont pu nous en être fournies, une idée quelconque, absurde parfois mais prodigieusement très déterminée, de ce qui nous est encore inconnu ? Longtemps avant la visite d’un pays, d’un monument, avant la rencontre d’un homme, une représentation de formes, de couleurs, d’atmosphère s’en est déjà établie sur la rétine de notre imagination ; et cela avec une telle vivacité et profpndeur d’incrustation que cette fausse vision

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