CONTRE LE SURSIS
Des faits qui précèdent, ressort cette conclusion que le procès, la condamnation et le supplice de Louis XVI, ont été surtout l'œuvre des Girondins.
C'est un Girondin, Roland, qui a pris l'initiative du
1. Procès-verbal, ordonné par la Convention nationale, (Jes faits relatifs aux funérailles de Michel Lepelletier, député à la Convention nationale, assassiné le 2(} janvier 1793, Van II de la république, pour avoir voté la mort du tyran. — Ce procès-verbal est signé : Vergniaud, président, Henri Bancal, A.-J. Corsas, Dufriehe-Valazé, Salles, Le Sage, secrétaires. Le bureau tout entier appartenait à la Gironde.
2. Archives nationales, dossier des Girondins, W. n« 292, 3« section. —Vergniaud, par Ch. Vatel,t. II, p. 255. ^ur le rôle des principaux girondins dans le procès de Louis XVI, voir aussi Mémoires de Larevellière-Lépeaux, l. I, p. 126 et suiv.
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procès par sa circulaire à toutes les municipalités de France, en date du 1" septembre 1792.
C'est un Girondin, Barbaroux, qui, le 16 octobre, demande que la Convention se forme en comité judiciaire, et que la discussion s'entame sur le procès de Louis XVI.
C'est un Girondin, Dufriche-Valazé, qui rédige et dépose, le 6 novembre, le Rapport sur les crimes du ci-devant roi.
C'est un Girondin, Petion, qui, le 13 novembre, fait décréter que la Convention traitera tout d'abord cette question : Le roi peut-il être jugé ?
C'est sur la motion de Petion que, le 3 décembre, la Convention décide que Louis sera jugé, et qu'il le sera par elle.
C'est encore sur la motion de Petion qu'elle décrète, le 4 décembre, qu'elle s'occupera, tous les jours, depuis midi jusqu'à six heures, du procès de Louis
C'est Barbaroux qui, dans la séance du 11 décembre, donne lecture de VActe énonciatif des crimes de Louis Capet, dernier roi des Français.
C'est le Girondin Ducos qui, dans la même séance, fait décider que l'acte d'accusation sera lu en entier au ci-devant roi, ensuite article par article, et qu'à chaque chef d'accusation on lui demandera: Qu'avezvous à répondre?
C'est sur la proposition de deux Girondins, Kersaint t et Guadet, que la Convention décrète, à la fin de sa séance du 7 janvier, que la discussion sur le jugement du ci-devant roi sera fermée le jour même.
1. Le comte Guy de Kersaint était du très petit nombre des membres de la Gironde, qui voulaient sincèrement sauver Louis XVL Indigné de la faiblesse de la Convention, il donna sa démission de député, le 20 janvier 1793. Traduit devant le tribunal révolutionnaire, il fut condamné à mort et guillotiné le 14 frimaire an II (4 décembre 1793).
LA LÉGENDE DIS GIRONDINS lt7
C'est sur la motion de deux Girondins, Guadet et Boyer-Fonfrède, que la Convention arrête, le 14 janvier-, que les questions sur lesquelles elle doit délibérer par appel nominal seront posées dans l'ordre suivant :
1" Louis Capet est-il coupable de conspiration contre la liberté publique et d'attentats contre la sûreté générale de l'Etat ?
2" Le jugement de la Convention nationale, soit qu'il condamne, soit qu'il absolve, sera-t-il soumis à la ratification du peuple ?
3'^ Quelle sera la peine infligée ?
C'est un Girondin, Buzot, qui, le 15 janvier, au moment où il va être procédé à l'appel nominal sur la première question, demande que le vote de chaque député soit mis à côté de son nom sur les trois questions, et que cette liste soit imprimée et envoyée aux quatre-vingt-quatre départements. Cette motion est adoptée, ainsi que celle du Girondin Biroteau, aux termes de laquelle chaque membre est tenu de monter à la tribune pour émettre son vote i.
Enfin, c'est Yergniaud, qui, le 17 janvier, à neuf heures du soir 2, proclame le résultat de l'appel nominal sur la troisième question, et déclare, au nom de la Convention nationale, que la peine qu'elle prononce contre Louis Capet, est celle de mort.
C'est Yergniaud qui, le 20 janvier, à minuit et demi 3, proclame le résultat de l'appel nominal sur la question du sursis, et donne lecture de la rédaction définitive des décrets rendus contre Louis XVI.
On le voit, on retrouve un Girondin à chacune des étapes de ce terrible et funeste procès ; le nom de la Gironde restera attaché à jamais au souvenir de l'as-