VAmi du jieuple, de Marat
2. Discours de MM. Guadet et Brissot, députés de VAssemblée nationale, prononcés à la séance de la Société des Amis de la Constitution, le 25 avril 1792, Van IV de la liberté. — De l'imprimerie du Patriote français.
dre crier à tue-tête que l'orateur qui est à la tribune 1 est un coquin l. » C'est Brissot que Camille traitait 1 ainsi de coquin. Fréron réclame la parole contre le ■] président, qui était un Girondin, le député Lasource, \ et sa motion est suivie du plus grand tumulte. Les i membres de la société lèvent leurs chapeaux au bout i des cannes, au milieu de très vifs applaudissements '\ et de fortes huées 2. Les femmes qui remplissent les ] tribunes interrompent à chaque instant par leurs cris J les discours des adversaires de Robespierre. « Bris- \ sot, disait le lendemain le Patriote français, s'est 1 vu souvent interrompu par des cris violents de fem- ? mes placées dans les tribunes et très bien formées à ' l'art d'injurier ceux qui n'idolâtrent point M. Robes- i pierre 3. » \
La séance du 27 avril ^ fut remplie presque tout \ entière par le discours dans lequel Robespierre ré- 1 pondit à Brissot et à Guadet. Il le fit avec une incon- ■ testable habileté, et l'on comprend qu'il ne ménagea 1 guère ceux qui l'avaient si rudement attaqué. « Je i vais, s'écria-t-il, dire à M. Brissot, franchement et \ sans orgueil, ce que j'ai fait. Jamais personne ne î m'accusa d'avoir exercé un métier lâche, ou flétri î mon nom par des liaisons honteuses et par des pro- .| ces scandaleux. » Après cette allusion sanglante aux ; bruits fâcheux qui couraient sur son principal adver- \ saire, il reprocha à ses ennemis de « diriger contre 1 lui les plus absurdes et les plus atroces calomnies »; j « d'être aveuglés par le délire de la haine », d'avoir j
1. Journal des débats et de la correspondance de la Société -• des Amis de la Constitution, n» 184. ,;