‹ La légende des GirondinsChapitre 110 sur 274 · Journal des débats et de la correspondance, n" i · texte numérisé non relu

Journal des débats et de la correspondance, n" i

la cause du peuple, ils sont ses plus ardents persécuteurs. Je leur déclare que la nation, la liberté, l'égalité triompheront de Vhypocrisie, du crime et du mensonge i ».

Cependant, Robespierre avait voulu avoir son journal commo Brissot avat le sien, et le 17 mai avait paru le premier numéro du Béfemeur de la Constitution'^. Le numéro 3 renferme sous ce titre : Considérations sur l'une des jyrincipales causes de nos maux, un long réquisitoire contre Brissot, Condorcet, Guadet, Vergniaud, Gensonné. Les Girondins n'ont jamais été attaqués avec plus de vigueur ; jamais ils n'ont été traduits à la barre de l'opinion avec un art plus perfide. Le décret de proscription contre les chefs de la Gironde ne sera exécuté que le 31 mai 1793; il est déjà écrit tout entier dans cet article de Robespierre, qui porte la date du 31 mai 1792 3.

Encore quelques semaines, et la scission entre les deux partis sera complète et définitive ; un incident qui éclata dans les derniers jours de juillet le prouve du reste. Voyant l'influence leur échapper à la société des Jacobins, les Girondins avaient fondé un autre club, appelé club de la Réunion. Isnard monta à cette nouvelle tribune dans la journée du 30 juillet, et prit l'engagement de dénoncer Robespierre à l'Assemblée nationale et de faire tout ce qui dépendrait de lui pour obtenir qu'il fût traduit devant la haute cour

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