‹ La légende des GirondinsChapitre 120 sur 274 · Voy. ci-dessous, chapitre XII · texte numérisé non relu

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3. Le général Dumouriez s'est trompé de date, en rédigeant cette partie de ses Mémoires. Il dit en effet, au début du livre IV : « Le général Dumouriez arriva le 13 octobre à Paris... il se présenta à la Convention le lendemain de son arrivée. » Or le Moniteur nous le montre à la barre de la Convention le 12 octobre, à la section des Lombards le 13, à la société des Jaco-

dant ces six jours, se passe en public, et les journaux le suivent partout où il va, à la Convention, à TOpéra, à la section des Lombards, au club des Jacobins, au théâtre des Variétés, à la fête que donne en son honneur la femme de Talma l. S'il avait réuni à sa table Danton, Brissot, Sieyès, Petion, Condorcet, Vergniaud, Guadet, Gensonné, Barbaroux, Ducos, Fonfrède, Rebecqui, les journaux ne se seraient pas fait faute d'entretenir leurs lecteurs de ce qui eût été un événement véritable. Marat surtout n'eût pas négligé une si belle occasion de dénoncer les machinations du général. Celui-ci, enfin, qui consacre tout un chapitre de ses Mémoires à son séjour à Paris 2, n'aurait pas manqué d'y consigner le souvenir d'un aussi curieux épisode. La vérité est que le récit de Lamartine est de pure invention et qu'ici, comme en tant d'autres endroits de son livre, le poète s'est substitué à l'historien.

M. Michelet, chez qui l'imagination était la qualité maîtresse, comme chez Lamartine, a adopté, lui aussi, la version du banquet chez Dumouriez ; il va plus loin et semble croire à d'autres réunions qui auraient eu lieu à la table des Girondins eux-mêmes, et dont il n'y a de traces nulle part. « Dumouriez, dit-il, ne voulait point quitter Paris, sans faire un dernier effort pour la conciliation. Il réunit, dit-on, à sa table Danton et les Girondins. Il mena Danton chez eux, et les forçant ainsi à rompre le pain ensemble, il crut

bins le 14.Le Courrier des départements, le Courrier de VÉgalité, le Journal des débats et de la correspondance de la Société des Jacobins, nous le montrent, le 16, dans les salons de Julie Talma. Enfin le Courrier des départements nous apprend qu'il est parti « dans la nuit du 16 au 17 octobre, à trois heures du matin. »

1. Journal des débats et de la correspondance de la Société des Jacobins, n° 285.

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