‹ La légende des GirondinsChapitre 121 sur 274 · Mémoires du général Dumouriez, liv. IV, chap. IL · texte numérisé non relu

Mémoires du général Dumouriez, liv. IV, chap. IL

les avoir rapprochés, et 11 se trompa. La Gironde resta fermée i. »

Quelques pages plus haut, M. Michelefc parle longuement de la fête donnée en l'honneur de Dumouriez, la veille de son départ, le 16 octobre, et qui fut signalée par de curieux incidents, notamment par l'apparition de Marat et son altercation violente avec le général. M. Michelet a voulu voir dans cette fête une tentative pour rapprocher Danton et les chefs de la Gironde.

Vergniaud, dit-il, ne partageait pas l'aigreur des Girondins pour Danton. Celle qu'il aimait et qu'il inspirait, la belle et bonne Mlle Candeille, fit une tentative touchante pour rapprocher les partis. L'occasion fut une fête qu'elle donna à Dumouriez. Danton et Vergniaud s'y trouvaient. Les artistes et les gens de lettres, mêlés aux hommes politiques de toute nuance, aidaient à les concilier, à leur faire oublier leurs haines, à les replacer un moment hors des factions sur le terrain delà paix, des sentiments alïectueux et doux... La Gironde et la Montagne étaient confondues. Un événement troubla tout... Il y avait plusieurs jours que Marat cherchait Dumouriez... La jaune figure entra, large et basse, entre deux jacobins, plus hauts de toute la tête... Marat parti, on essaya de continuer la fête... Mais ces hommes, en qui réellement était la force de la France, aussi bien que sa lumière, avaient cru voir entrer avec Marat l'irrémédiable discorde, le génie des factions qu'ils portaient en eux,*et qui un moment s'était éclipsé. Ils restèrent tristes, silencieux, et ils s'isolèrent. Le mélange amical cessa; chacun, instinctivement, se rangea auprès des siens. Avant même de sortir, on retrouva les par-

II y a dans ces quelques lignes plusieurs erreurs. La fête en l'honneur de Dumouriez ne fut point donnée par Mlle Candeille, mais par Mme Talma, la femme du grand tragédien, dans son hôtel de la rue

1. Michelet, Histoire de la Révolution française, t. IV, p. 395.

2. Michelet, Histoire de la Révolution française, t. IV, p. 393-395,

Chantereine ; les journaux du temps ne permettent pas à cet égard le moindre doute. Le général Dumouriez ayant raconté cette fête dans ses Mémoires (livre V, chapitre i), sans dire où elle eut lieu, ses (Miteurs de 1823, MM. Barrière et Berville, indiquèrent en note le salon de Mlle Candeille, comme le théâtre de l'entrevue de Marat et du général. C'est cette petite note qui a induit en erreiu' M. Michelet, et avant lui M. Thiers i et Lamartine 2. « Marat, dit M. Thiers, court aux divers spectacles, et apprend enfin que Dumouriez assistait à une fête que lui donnaient les artistes chez Mlle Cniuleille, femme célèbre alors. Marat n'hésita pas de s'y rendre, malgré son dégoûtant costume. » Et M. Tliiers renvoie au récit de Marat, qu'il reproduit dans son AppCivUce, ■sous ce titre : Récit n - v • • -^ ^ - - > Mni-nf fit a Dumouriez chez Mlle ' -"'t 'I" Jo"r,nii de la République ft a n< a '.-^i:. ti. ^titt par Marat laimème clans son numéro du mercredi 17 octobre 1792. M. Thiers a trouvé sans doute plus commode de donner cet £"./•// v^//7 à son imprimeur que de le lire; car, s'il l'avait lu. il y aurait, dès les premières lignes, trouvé ce qui suit : « Nous apprîmes que Dumouriez devait souper rae Chantereine, dans la nrtite maison de Talma. Une file de voitures et de jrinantes illuminati(jns nous indiquèrent le templa où le Fils de Thalie fêtait un enfant de Mars. » — M. Michelet, du moins ne pousse pas l'étourderie jusqu'à mettre sous les yeux de ses lecteurs l'article du Journal de la Uëpahiique française, qui établit que la fête du 16 octobre eut lieu chez Mme Talma et Qon chez Mlle Candeille. Il est vrai qu'à l'erreur de son devancier il en ajoute une autre beaucoup plus ^ave. Il atlirme que cette fête avait pour objet de

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