Moniteur de 1793, n
2. Nous ne rappelons pas ici les Mémoires de Barbaroux ni ceux de Petion, parce que les premiers ne vont pas au delà du 21 septe libre 1792, et que les seconds ne commencent qu'au 31 mai 1793. Les tentatives de conciliation ayant pris place entre ces deux dates, Petion et Barbaroux n'avaient pas à s'en occuper.
Paganel, député du département de Lot-et-Garonne à la Convention nationale, publia en 1810, sous ce titre : Essai historique et critique sur la Révolution française.
Appelé, dit-il, à la Convention nationale, Danton se déclara, dès ses premières séances, l'implacable adversaire des Girondins, mais il ne tarda pas à reconnaître le danger des haines et des discordes parmi les représentants du peuple... Il conçoit le généreux dessein de réconcilier deux partis également dignes de servir la république, et, le premier, il se présente pour sacriQer tout ressentimenf, toute haine, sur l'autel de la patrie. Des négociateurs sont envoyés de part et d'autre ; ils se réunissent. Danton s'exprime en citoyen, en homme d'Etat : « Lj royauté, dit-il, renaîtra de nos discordes, insatiable de vengeances. Pitt et Condé nous observent. » Entraînés par son exemple, tous sont prêts à donner, à rendre le témoignage de la réconciliation. Guadet seul le repousse, ce Guadet qui avait montré quelque talent et dissimulé tant de fiel, d'ambition et d'envie. «La guerre, s'écrie-t-il, et qu'un des deux partis périsse ! » 11 rallie à lui ses collègues glacés de terreur. Danton saisit la main de Guadet et lui dit d'un accent concentré et prophétique : « Tu veux la guerre, tu auras la mort » *.
Bailleul écrit de son côté, dans son Examen critique de l'ouvrage de Mme de Staël sur la Révolution française :
Je tiens d'un député de notre côté, l'un de mes camarades d'infortune, qui avait conservé des relations avec Danton, qu'il y avait eu des conférences à Sceaux, entre les chefs des deux partis, dont le but était un rapprochement, s'il était possible. Guadet, avec une énergie qui lui était particulière, ne voulut entendre à aucune transaction, relativement aux poursuites. Danton lui adressa ces paroles : « Guadet, tu ne sais point faire le sacrifice de ton opinion à la patrie, tu ne sais point pardonner ; tu seras victime de ton opiniâtreté «. »