‹ La légende des GirondinsChapitre 126 sur 274 · Moniteur de 1792, n · texte numérisé non relu

Moniteur de 1792, n

tardive, mais par les besoins de la lutte engagée à ce moment entre la Gironde d'une part, et la Montagne et la Commune de l'autre; et ce qui le prouve, ce sont les termes mêmes de la motion de Gensonné, lesquels, visant non seulement les auteurs, mais encore les provocateurs, les complices et les adhérents des assassinats commis les 2 et 3 septembre i, permettaient d'atteindre, sur les bancs de la Commune et sur ceux de la Montagne, tous les ennemis de la Gironde. On sait d'ailleurs que, peu de jours après, le 8 février suivant, la Convention revenait sur son vote, et que le décret du 20 janvier était retiré, après une discussion dans laquelle les massacres furent odieusement glorifiés, sans que ni Vergniaud, ni Guadet, ni Gensonné se soient précipités à la tribune, sans qu'ils aient rien fait pour empêcher l'abandon de ces poursuites, qui auraient été pourtant à leurs yeux d'un prix tel, que, plutôt que d'y renoncer, ils auraient mieux aimé mourir. Un orateur fit bien entendre, dans la séance du 8 février, une protestation indignée : mais celui-là n'appartenait pas au parti de la Gironde, — c'était Lan juinais.

Les Girondins ne devaient plus, jusqu'au jour de l(mr chute, reprendre cette question des poursuites contre les auteurs des massacres de septembre. Ils sentaient qu'ils n'étaient plus de force à la soulever; peut-être aussi comprenaient-ils qu'il ne leur appart<3nait plus de jeter à la face de Danton le crime de Septembre, depuis qu'ils avaient mis leur main dans la sienne pour commettre ensemble le crime du 21 janvier !

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