Voyez plus haut, p
LA LÉGENDE DES GffiONDINS 243
Pour nous, nous croyons être en droit de dire, après la longue et fidèle analyse que nous en avons donnée, que jamais hommes d'Etat n'ont soumis à une assemblée, en aucun temps, en aucun pays, une constitution qui soit plus démagogique, où l'autorité soit plus avilie, où le bon sens soit plus outragé. Le royaliste Peltier était dans le vrai, et il ne portait pas sur le Plan de comtitution des Girondins un jugement trop sévère, lorsqu'il l'appréciait en ces termes, au moment même de son apparition :
Tels furent les hommes (Brissot, Gensonné, Condorcet, Vergniaud, etc.) qui préparèrent pendant un an la déchéance du roi, la guerre universelle, l'anarchie générale, pour substituer aux rêves de leurs prédécesseurs quelques subtilités un peu plus métaphysiques, mais aussi un peu moins exécutables. La constitution ridicule (de 1791) fut détruite, pour présenter ensuite un plus ridicule plan (rassemblées primaires perpétuellement élisantes, d'un seul corps législatif toujours dénonçant , et de 25 millions d'hommes, toujours sur la place publique, pour nommer ou juger leurs agents, et dont un seul individu, fou ou furieux, a le droit, à chaque instant, de demander la dissolution ou le renouvellement ; projet si absurde, qu'il a excité en même temps la pitié des nations voisines et le mépris de la nation massacrante de l'intérieur '.
Marat, lui-même, avait raison contre la Gironde, lorsqu'il voyait, dans le projet présenté par ces hommes d'Etat, « un fatras indigeste, un assemblage de petits articles réglementaires sansliaison et sans utilité, un chef-d'œuvre de ridicule et de puérilité », et lorsqu'il disait, à propos de l'organisation des assemblées primaires : « Qui croirait que, pour proposer une nouvelle loi ou en faire révoquer une ancienne, on tient cinq millions d'hommes sur pied pendant six
Ér
i. Dernier Tableau de Paris, par J. Peltier, auteur des Actes des Apôtres, de la Correspondance politique, etc. "" isième édition. Londres, avril 1794.
O,- u tÉGESDK DES OmONDINS
-* . t ^» Mie aui mérite aux legis-
semaines? C'est un tra^t de folie qm i^^^^^,,
Surs constitutifs "»« P>f„'^,,it"„e permettent pas i ivec d'autant Pl"^,,'i«,n™mptr car Us évoluent du à leurs collègues de «> *'» ^^ t^^t membre qui ausénat, pour une ««^^^'«"^^^"^f^i'ait rappelé L » |
rait voté pour un ^'^«'fl^J'rses constitutions qmont ;
Dans son étude sui les divei Duvergier de
vu le jour en France de 1 '«^ -^ ^'^^^ ^rtialité contre = HaUnne, qu\'^'t,f^êm£ conclusions quePeltier , la Gironde, <^r:lfe^Tpia« de eon^Ututtoni^ , et que Marat. A. ses > eux, Kr ^ ^e, confuse,
comité girondin est « une œuvre co ^p 4 ,.j^ ^ j^
fois, iuipraUcable d^^i^'f" f' . qu'elle ne fût mise a , "ndit service, en ^jUa qualiUé d' « étrange >, ; l'épreuve 2 ». Plus 'O'»' ." Se du même principe, va ; et il reconnaît q^f^^^'^es procédés que laçons- ^ au même but, emploie les mem ^ P ^^^^^ ^ ^„„f
titution du 23 3mn '«''^'Xnarde est «plus simple, ( -J'î^^r^t^nSucat^le.^elaconstituUon^
-Sè-^Uestundo— ^j^-râj éclatante lumière ^"^'J, Peux un jugement sérieux ^^i permette de P^jf ,f :S/»«o« que nous ve.
Se du procès. Il est vraïque, s iL ^^ . ^^^^^^
jjisisss^--'--'"":
LA LÉGENDE DES GffiONDINS
tions démocratiques, travaillant à mettre la France en possession d'un gouvernement sagement libéral. M. Mignet ne dit pas un mot de la constitution girondine. M. Thiers en signale l'existence, et, ce grand efïort fait, il s'en tient là i. M. de Lamartine, qui a consacré huit volumes à l'histoire des Girondins, a pensé que ce serait assez de consacrer huit lignes à leur projet de constitution 2. Aussi bien, pourquo. s'y serait-il arrêté, puisqu'il n'y avait là matière pour lui ni à un tableau, ni à une scène de drame, ni à un élan de poésie ? Poète comme Lamartine, Michelet dédaigne, comme lui, de s'occuper de la constitution girondine ; il n'y fait même pas allusion. M. Louis Blanc, qui se pique d'être complet, reproduit la Déclaralion des droits naturels, civils et politiques hom mes, p\a.cée par Condorcet et ses collègues en ^te de leur œuvre; il la met en regard de celle que )bespierre fit adopter aux Jacobins le 21 avril, et ►mme il a trouvé dans ces deux déclarations de rands mots et de belles phrases, il s'autorise de ces irases déclamatoires pour déclamer à son tour, et mr confondre dans un même hommage, dans une iême et fraternelle étreinte, Robespierre et Condor- Jt, Saint-Just et Vergniaud, la Montagne et la Giron- : « Qu'ils soient donc bénis, s'écrie-t-il, les soldats l'une et de l'autre armée qui, en commun et avec îs convictions également intrépides, poursui^-irent la mquête de tant et de si nobles choses, qu'ils soient isnis! » Une Déclaration des droits est à une consition ce qu'une préface est à un livre. M. Louis flanc ne va pas au-delà de la préface 3. Dans un autre ' dume, il est vrai, et dans un chapitre sur la Cons-
■1. Histoire de la Révolution, t. III, p. 267. [2. Histoire des Girondins, t V, p. 320. 3. Histoire delà Révolution française, pai* M. Louis Blanc. VIII, p. 235.
^,fi LA LÉGEÎ^BE DES GIRONDINS ^
^^^ . . ,7Q3 1 il parle du projet des .
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Girondins, non ponr le Uu e ^^^ ^^ ^^ cons-
lementpour faire ressortir la ^ P ^^^.^^^^ ^^ ae i
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Tp/^^^osop.^. ^XC^lil a pour caractères |
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ver quelques détails sur e Fia ^^ ^^^
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^Sé une analyse, m^^^^^ ^^t,, p,,s avant j
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dant pour qu'il smtpos^ L'honnête et conscienc^ PTi connaissance de cause. j^ r empire d'une prévenlliZen était ^^f'%l^'^tl%ii^^^^^ à mettre ^ ^n favorable à la G^^^^, absolument insigni- 1 en lumière que^^^^?,^'tnniXt de voir des garan- 1 fiantes, dans lesquelles iH^^^^^^^^^^^ tïï sérieuses données soit à ^ aux ^^^^^,t, dansj
Tc'e^ ^^^' P"" "^T nkS aux termes du-l t action des 3urés civils un^^^^ ^^ ^^.^,ité rela^ i^el les jurés devaien f^^^^^,, ^ij^elons, dan. 7ure il ajoute . « ^.®^^^,,, ,^ sauvegarder les droits Se langage ^'^^X^^e S posé; c'était beaudès minorités... Le pn"^* ; justement seveie coup 3. » M. Moriimer-'m nanx^^J^ .^ ^.^g^^^^H ^ pour les Montagnards^^a^^'t;^^, ^^^ ^^ ^.4, rirondins, se contenter de P™- ' us avons vu tout , S "Crgier ie.Hf^X S prés la constitutia Vheure qu'amené à «tuf ^ J^n, prononcer su
t. m, p. 46-49. t, VII, p. 187. ,
3, Jîisioire ae w -ic-^- ^
donc qu'il va condamner sans pitié, lui, l'homme de la révolution de 18:J0, les doctrines des députés de la Gironde, de ces hommes que le fils de Boyer-Fonfrède appelle quelque part les Juste-m.ilieii de 92 * ? M. Duvergier de Hauranne n'a pas eu ce courage ; il s'est incliné à son tour devant la légende, et comme s'il ne savait pas, mieux que personne, que liberté et anarchie sont choses inconciliables, — res dissociabiles, suivant l'expression de Tacite, — à propos d'une constitution qui, ne reconnaissant en réalité d'autre pouvoir que celui des assemblées primaires sans cesse en mouvement, avait pour dernier mot l'anarchie, il parle du respect piofoml des Girondim pour la liberté 2 ! Est-ce qu'ils n'ont pas inscrit sur leur programme la liberté de la presse, base et garantie de toutes les autres libertés ? « Tout homme, dit la Déclaration des droits, rédigée par Condorcet et ses collègues, tout homme est libre de manifester sa pensée et ses opinions. La liberté de la presse et tout autre moyen de publier ses pensées ne peut être interdite, suspendue ni limitée 3. » Voilà, certes, qui est formel. Comment, après cela, contes- I ter les sentiments libéraux des députés de la Gironde * ? Par malheur, pour peu qu'au lieu de s'arrêter à la Déclaration des droits, qui n'est que l'enseigne de la constitution girondine, on se donne la peine d'en franchir le seuil, on ne tarde pas à rencontrer un article ainsi conçu : La peine de mort I est abolie pour tous les délits privés 5. Elle est i maintenue en matière politique. « Il est nécessaire,