‹ La légende des GirondinsChapitre 140 sur 274 · Moniteur de 1792, n · texte numérisé non relu

Moniteur de 1792, n

chera ainsi aux représentants un vote d'enthousiasme 1.

A la suite de Brissot, les autres publicistes et les autres orateurs de la Gironde poussent à la guerre avec une ardeur égale. Condorcet la prêche dans la Chronique de Paris, Gorsas dans le Courrier des 83 départements. Vergniaud dirige les foudres de son éloquence contre cette diplomatie caligineuse qui, pour peu qu'on la laissât faire, empêcherait la guerre d'éclater. Il crie aux armes ; il déclare que si la France attend pour commencer la guerre, « elle périra sans gloire et elle ensevelira avec sa liberté l'espoir de la liberté du monde. »

« La voie des armes est la seule qui vous reste », s'écrie Isnard, dès le 29 novembre 1791; et, le 4 janvier 1792, il jette à l'Assemblée frémissante ces paroles enflammées : « Une guerre est prête à s'allumer, guerre indispensable pour consommer la révolution... Le moment où nous allons publier la guerre est précieux à saisir... la France libre est sur le point de lutter avec l'Europe esclave... Nous allons entreprendre la guerre 2. »

Le 13 janvier, Guadet ne se montre pas moins ardent. « Je propose, dit-il, de décréter à l'instant même que la nation française regarde comme infâme, comme traître à la patrie, coupable du crime de lèsenation, tout Français qui prendrait part, soit directement, soit indirectement, soit à une médiation entre la nation et les émigrés, soit à une composition avec les princes possessionnés en Alsace 3, »

Pendant ce temps, Lasource, Bancal-des-Issarts, Sillery, Louvet, se succèdent à la tribune des Jacobins, et soutiennent, contre Robespierre, la politique de Brissot.

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