‹ La légende des GirondinsChapitre 159 sur 274 · Moniteur du 7 avril · texte numérisé non relu

Moniteur du 7 avril

le ministre de la guerre, détenus par la perfidie de Dumouriez, soient mis en liberté.

Un autre décret, rendu le même jour, ordonne que « la femme et les enfants du général Valence, la citoyenne Montesson et la citoyenne femme Égalité, seront mis sur-le-champ en état d'arrestation. »

Le 6 avril, la Convention décide que tous les individus de la famille des Bourbons seront immédiatement arrêtés et gardés comme otages i.

Est-ce tout ? Non. Après avoir créé le tribunal révolutionnaire et multiplié les lois de mort, après avoir établi les comités de surveillance et la garde du peuple, investi les membres des municipalités du droit de lancer des mandats d'arrêt, donné une prime à la dénonciation, il restait encore une chose à faire pour assurer le bon fonctionnement de la guillotine : il fallait intéresser les finances de la république à la condamnation des suspects, au premier rang desquels figuraient, naturellement, les riches. Quel honnête homme, pourvu de quelque bien, pourra se flatter d'échapper au bourreau, lorsque les. patriotes seront assurés, en le dénonçant, de recevoir une partie de ses dépouilles ; lorsque juges et jurés sauront qu'en l'envoyant à l'échafaud, ils battent monnaie au profit de la nation ? Les Girondins étaient proscrits depuis longtemps, lorsque Barère prononçait cette parole d'une vérité sinistre : « La république bat monnaie sur la place de la Révolution » ; mais ils étaient encore tout-puissants à la Convention, lorsqu'elle adoptait le décret du 10 mars 1793, dans lequel se trouve cette disposition : Les biens de ceux qui seront condamnés à la peine de 'inoi't seront acquis à la république.

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