Moniteur dM 19 mai
tient en propre aux membres de la Gironde. Avant le 10 août, dès le 9 juillet 1792, Brissot, leur chef, demandait à l'Assemblée législative « d'instituer dans son sein une commission de sûreté, peu nombreuse, un comité choisi parmi les hommes les plus actifs, les plus vigilants, les plus intrépides, les plus inflexibles, et qui serait chargé de l'examen de toutes les accusations de crime de trahison 1. »
C'est à la Convention qu'il était réservé de réaliser l'idée de Brissot.
Le 1" janvier 1793, Kersaint, un des membres du parti girondin, présente un projet de décret dont le dernier article était ainsi conçu :
Les comités de la guerre, des finances, des colonies, delà marine, diplomatique et de constitution, nommeront chacun trois de leurs membres, lesquels se réuniront dans un local particulier, sous le nom de Comité de défense générale. Ce comité s'occupera sans interruption, avec les ministres, des mesures qu'exigent la campagne prochaine et l'état présent des affaires, et ses rapports seront constamment à l'ordre du jour.
La Montagne, qui, se sentant en minorité dans l'Assemblée, craignait, en votant ce comité nouveau, de fournir une nouvelle arme aux hommes d'Etat de la Gironde, combattit la proposition ; mais, en dépit de l'opposition de Charlier, de Thuriot et de Marat, la Convention n'en décréta pas moins le comité de défense générale réclamé par Kersaint 2. L'organisation de ce comité fut modifiée le 25 mars suivant : en même temps qu'il recevait le titre de ComAté de dé— feme générale et de salut public, ses pouvoirs étaient augmentés et le nombre de ses membres était porté à vingt-cinq 3.