Moniteur du 27 mars
Du Comité de défense générale est issu le Comité de salut public. C'est, en effet, un membre du Comité de défense générale, c'est le Girondin Isnard, qui est monte à la tribune le 4 avril, à minuit, et qui a présenté le rapport suivant :
Citoyens, votre Comité de défense générale s'occupe à déterminer les grandes mesures de salut public que nécessitent les circonstances. Mais il a pensé qu'il devait à l'instant même vous en proposer une qui doit tout précéder, et sans laquelle peut-être toutes les autres seraient vaines.
Votre comité a reconnu que, dans un moment où les revers se succèdent, où un vaste plan de contre-révolution couvre la France, où des trahisons de tout genre se manifestent, il fallait donner aux ressorts du gouvernement plus d'action, plus d'énergie, plus d'unité...
Il a pensé qu'il fallait nommer un comité d'exécution, composé de neuf membres choisis dans le sein de cette assemblée, chargé de remplir les fonctions qui étaient attribuées au Conseil exécutif et de prendre toutes les mesures de défense générale que nécessitent les circonstances. Vous pouvez et vous devez adopter ce que le comité vous propose : vous le pouvez, parce que la nation, en nommant une Convention nationale, lui a délégué l'exercice de la souveraineté et tous les pouvoirs : vous le devez, parce que, dans un moment où tout ce qui n'est pas vous semble vous trahir, il est prudent de ne vous fier qu'à vous-mêmes. C'est à vous que le peuple a remis le dépôt de la liberté, c'est à vous qu'il en demandera compte; c'est donc vous qui devez exclusivement veillera sa garde. Saisissons enfin d'une main hardie, ferme et pure, les rênes du gouvernement. Il n'est plus question de disputer sur les formes, il s'agit de sauver la patrie. Avant de déterminer le culte que l'on doit à la liberté, il faut assurer son triomphe.
Je ne me livre pas à de plus longs développements, car il faut dans ce moment des actions et non pas des discours *.
Avant de descendre de la tribune, Isnard dépose un projet de décret, tendant à créer dans le sein de la Convention nationale un comité d'exécution, composé de neuf membres. L'Assemblée ayant renvoyé sa pro-