‹ La légende des GirondinsChapitre 165 sur 274 · Mémoires de M'^' Roland, édition Dauban, p · texte numérisé non relu

Mémoires de M'^' Roland, édition Dauban, p

Girondùis et des massacres de Septembre, avait établi, avec une habileté et une sûreté de déduction singulièrement remarquables, que l'objet de la passion de Mme Roland ne pouvait être que Buzot. Il semblait que la question fût enfin tranchée. L'année suivante, cependant, M. J. Guadet, neveu du représentant, dans son livre sur les Girondins, leur rie privée^ leur vie publique, leur proscription et leur mort, écartait bien loin l'idée que Mme Roland eût jamais pu aimer un autre homme que son mari, et il dénonçait à l'indignation de ses lecteurs les historiens qui, « scrutateurs indiscrets de la vie privée, se placent entre la jeune femme et son vieux mari, commentent de cent façons un mot jeté au hasard par cette femme, cherchent à pénétrer jusqu'aux plus secrets sentiments de son âme, comptent les pulsations de son cœur agité, selon que telle ou telle image, tel ou tel souvenir l'impressionne, et montrent sous un voile transparent l'être vers lequel s'élancent sa pensée et ses soupirs, car à leur roman, il faut de l'amour i ».

M. Michelet est venu à son tour qui, dans les Femmes de la révolution, a écrit ces lignes bien faites pour réjouir l'ombre éplorée du vertueux Rolaml :

Les hommes qui souftrent à voir une vertu trop parfaite ont cherché inquiètement s'ils ne trouveraient pas quelque faiblesse en la vie de cette femme; et sans preuve, sans le moindre indice, ils ont imaginé qu'au fort du drame où elle devenait acteur, à son moment le plus viril, parmi les dangers, les horreurs (après septembre, apparemment, ou la veille du naufrage qui emporta la Gironde ?\ Mme Roland avait le temps, le cœur d'écouter les galanteries et de faire l'amour... La seule chose qui les embarrasse, c'est de trouver le nom de l'amant favorisé. — Encore une fois, il n'est nul fait qui motive ces suppositions.

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