Moniteur du 14 mars 1793, séance du 11 mars
2. Ils l'avaient déjà votée une pre nière fois, sur le rapport de Brissot, lors de rétablissement du tribunal du 17 août. Voy.
ci-dessus, pages 108.
l'œuvre de la majorité de la Convention. Or, à cette date des 9, 10 et 11 mars, la majorité appartenait aux Girondins. Le fait suivant le prouve sans réplique. Le jeudi 7 mars, la Convention procéda à un appel nominal pour le choix du président. Ce fut un des chefs de la Gironde, Gensonné, qui réunit la pluralité des suffrages. Un autre appel nominal élevait aux fonctions de secrétaires deux autres Girondins, Grangeneuve et Isnard i.
Le tribunal révolutionnaire une fois créé, et créé par eux, les Girondins n'ont pas laissé, soit d'étendre ses attributions, soit d'activer sa marche, trop lente au gré de plusieurs d'entre eux.
Le décret du 10 mars n'avait pas porté atteinte à l'inviolabilité des membres de la Convention nationale. Cette garantie, sans laquelle il ne saurait exister d'assemblée digne de ce nom, a été supprimée dans la séance du 1" avril 1793, sur la proposition de Birotteau, député des Pyrénées-Orientales, que M. Mortimer-Ternaux appelle « Tun des tirailleurs de la Gironde 2. » — « Dans un moment, dit Birotteau, où la liberté est menacée de tous côtés, toute espèce d'inviolabilité cesse ; le peuple ne doit pas laisser sa confiance à un député contre lequel sont portées de nombreuses accusations. Je demande que la Convention porte le décret d'accusation contre celui de ses membres sur la tête duquel flotteront de violents soupçons. » Personne ne combat cette proposition, qui est immédiatement adoptée en ces termes :