‹ La légende des GirondinsChapitre 174 sur 274 · Moniteur du avril · texte numérisé non relu

Moniteur du avril

Le décret du 18 mars 1793 portant peine de mort contre les émigrés et les prêtres insermentés surpris sur le territoire de la république ; — le décret du 19 mars mettant hors la loi toutes les personnes prévenues d'avoir pris part à des révoltes ou émeutes contre-révolutionnaires, ou d'avoir arboré la cocarde blanche, et portant peine de mort, avec exécution dans les vingt-cjuatre heures, contre ceux qui, ayant porté les armes ou ayant pris part à la révolte et aux attroupements, seraient arrêtés sans armes ou après avoir posé les armes ; — le décret du 28 mars bannissant à perpétuité du territoire français les émigrés et punissant de mort toute infraction à ce décret de bannissement ; — le décret du 29 mars prononçant la peine de mort contre les auteurs de tout écrit qui provoquerait à la royauté : — tous ces décrets ont été rendus à runanimité, tous sont donc l'œuvre des Girondins aussi bien que des Montagnards. C'est ce que constatait Boyer-Fonfrède, dans la séance du 28 mars, lorsque, s'adressant à ses collègues, accusés par la majorité des sections de Paris de manquer de l'énergie nécessaire pour sauver la patrie, il s'écriait : « Ne venez-vous pas de décréter à l'unanimité des mesures qui vont rendre à nos armées et la force et l'audace ? Ne venez-vous pas de décréter à l'unanimité que dans le jour même le tribunal révolutionnaire serait en activité ? N'exécute-t-on pas en cet inssant même le désarmement de tous ces hommes suspects qui affluent autour de nous i ? »

La vérité est que, toutes les fois qu'il s'est agi des émigrés, des prêtres, des royalistes, des suspects, les Girondins ont rivalisé, avec les Montagnards, de violence et de cruauté. Ils n'ont même pas reculé, nous l'avons vu, devant cette monstruosité qu'on appelle la

lise hors la loi et qui envoie un proscrit à Técha-

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