‹ La légende des GirondinsChapitre 175 sur 274 · Moniteur du 30 mars · texte numérisé non relu

Moniteur du 30 mars

faud, sans jugement, sur la seule constatation de son identité. « Hors la loi ! quel atroce décret de mort ! Dans quelle nation sauvage et barbare ont-ils puisé l'exemple d'une pareille atrocité? Chez quels peuples policés ont-ils trouvé cette loi de sang? La nature, l'humanité frémissent à de pareilles horreurs ; et quand on voit une nation, jadis si douce, si humaine, se plier à des mœurs si féroces, égorger de sang-froid, à cet horrible cri, l'innocent et même ses plus dignes défenseurs, il n'y a plus qu'à se couvrir la tête de son manteau, où à prévenir les poignards par une mort plus indépendante et plus honorable i » !

Lorsque proscrit, HORS LA LOI, à la veille de chercher dans le suicide un asile contre l'échafaud, le Girondin Buzot écrivait ces lignes indignées, il oubliait que lui-même, le 28 mars 1793, il avait donné l'exemple d'une pareille atrocité, en votant la mise hors la loi des « émigrés qui rentreraient, de ceux qui étaient rentrés, et de ceux qui resteraient sur le territoire de la république ! 2 »

Mais c'est bien vainement que nous établirons, par les documents les plus irrécusables, à l'aide du Moniteur et du Bulletin des lois, que les membres de la Gironde ont décrété le tribunal révolutionnaire et voté des lois de mort sans nombre. La légende est là, la légende, qui se rit de l'histoire, et qui s'obstine à voir dans les Girondins des hommes modérés, ayant le sentiment de la justice et l'hori-eur du sang. Le tri-

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