‹ La légende des GirondinsChapitre 176 sur 274 · Mémoires de Buzot, éd. Dau])an, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Buzot, éd. Dau])an, p

2. Voy. Charlotte deCorday et les Girondins, par Charles Vatel, t. II, p. 150.

bunal révolutionnaire était aflreux, sans doute, ces l(jis de mort étaient atroces, à coup sûr, et la légende 11 y contredit point ; mais elle entend qu'on en laisse la responsabilité tout entière aux Montagnards, qui seuls ont mis ce tribunal en mouvement, seuls ont appliqué ces lois. Si la Gironde n'eût pas été renversée, elle aurait laissé dormir des décrets qu'elle a eu tort peut-être de rendre, mais qui, si elle était restée la maîtresse, seraient demeurés lettre morte.

Ce que vaut cet étrange système de défense, les faits vont le montrer.

Et d'abord, est-il vrai que les Montagnards seuls aient mis en activité le tribunal révolutionnaire? Il s'en faut bien. C'est un Girondin, c'est Lasource, qui a demandé, — on l'a vu plus haut, — que le tribunal rendit compte tous les trois jours des procès qu'il aurait jugés et de ceux qu'il aurait instruits. Dans la séance du 28 mars, la Convention a décrété que « le tribunal extraordinaire entrerait en activité le jour même », et, à cet eftét, elle l'autorisa à juger au jiombre de dix jurés seulement, bien que le chiffre (ixigé par la loi du 10 mars fût de douze jurés. Cette mesure fut adoptée à l'unanimité i ; elle le fut donc par les Girondins; et l'un des membres de la députarion de Bordeaux, Boyer-Fonfrède, se félicita à cette occasion, de ce que l'on n'avait pas réussi à « empêcher l'organisation de ce tribunal redoutable, de ce tribunal qui sera le taureau de Phalaris, car il consumera ceux mêmes qui espèrent le faire tourner contre les patriotes. »

Est-il vrai, en second lieu, que jusqu'au 31 mai et tant que la Gironde est restée debout, le tribunal révolutionnaire n'ait pas prononcé de condamnations iniques et révoltantes, faites pour soulever l'indignation de tous les honnêtes gens?

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