Moniteur du 30 mars
âl4 LA LÉGENDE DES GÎRONDINS ,
Le 6 avril, il a condamné à mort Louis Guyot-Des- \
maulans, accusé d'émigration. La nuit était déjà ; venue lorsque l'arrêt fut prononcé; l'exécution ne
fut pas différée pour cela : Guyot-Desmaulans fut |
traîné sur la place du Carrousel et guillotiné à la i
lueur des torches i. i
Le 10 avril, il a condamné à mort Nicolas Luttier, i
grenadier, accusé d'avoir tenu des propos royalis- ',
tes 2. \
Le 15 avril, il a condamné à mort Rouxel-Blanche- i lande, ancien gouverneur de Saint-Domingue, coupable d'avoir voulu maintenir l'ordre dans cette colonie, j C'était Brissot, assisté de Lasource, qui l'avait fait i décréter d'accusation par l'Assemblée législative 3. j
Le 18 avril, il a envoyé à l'échafaud une cuisinière, i
Jeanne-Catherine Clerc, accusée d'avoir tenu des pro- ]
pos tendant à provoquer le renversement de la repu- j
blique 4. I
Le 20 avril, condamnation à mort de Hyacinthe de l
Vaujours, ci-devant colonel de dragons, accusé d'avoir ,^
tenu des discours tendant à opérer la dissolution de |
la représentation nationale, de la Société patriotique j
des jacobins, et le rétablissement de la royauté ; — i
d'Antoine-Jean Clinchamp Saint-André, ci-devant |
prieur de la Trinité de Clisson, accusé d'avoir com- |
posé et fait imprimer un ouvrage intitulé : Aux amis ^;
de la vérité, avec cette épigraphe : Quid fuinius? 'i
1. Le 27 septembre 1793, la nation payait à la veuve Favier, J qui avait fourni les quatre douzaines de flambeaux nécessaires i* à cette opération, la somme de 96 livres (Arch. nat., AA. 399). '^ — Le Tribunal révolutionnaire de Paris, par Emile Cam- J pardon, t. I, p. 27. ,?